‹ Le théosophismeChapitre 43 sur 163 · I. A modem priesless ofisis, pp. 154-167. a. Ibid., p · texte numérisé non relu

I. A modem priesless ofisis, pp. 154-167. a. Ibid., p

LE TUEOSOPIIISME

dait apercevait, épouvanté, uue araignée énorme ; alors elle disait en souriant : « Cette araignée n'existe pas, c'est moi qui vous la fais voir. » Olcott, de son côté, a écrit ceci dans ses Old Diary Leaves : « Nul ne fascinait mieux qu'elle quand elle le voulait, et elle le voulait quand elle désirait attirer les personnes dans son travail public. Alors, elle se faisait caressante de ton et de manières, donnait à sentira la personne qu'elle la regardait comme sa meilleure, sinon sa seule amie... Je ne saurais dire qu'elle était loyale... Nous n'étions pour elle, je crois, rien de plus que des pions dans un jeu d'échecs, car elle n'avait pas d'amitié sincère. »

Nous avons cité plus haut le cas de Bavadjî, amené par la suggestion hypnotique à se faire le complice des fraudes de M"^ Blavatsky, et cela d'une façon inconsciente, tout au moins tant qu'il fut à Adyar. Le plus souvent, cependant, M™^ Blavatsky usait de la suggestion à l'état de veille, comme on le voit dans l'anecdote rapportée par Arthur Arnould; ce genre de suggestion est habituellement plus difficile à réaliser que l'autre et demande une force de volonté et un entraînement beaucoup plus grands, mais il était généralement facilité par le régime alimentaire fort restreint que M™*^ Blavatsky imposait à ses disciples sous prétexte de les m spiritualiser ». C'est déjà ainsi que les choses se passaient à New-\ork : « Nos théosophes, disaitelle, sont en général tenus, non seulement de ne pas prendre une goutte de boisson, mais de jeûner continuellement. Je leur enseigne à ne pas manger quoi que ce soit ; s'ils ne meurentpas, ils apprendront ; maisils ne peuvent pas résister, ce qui est tant mieux pour eux » i. Il va sans dire que M'"^ Blavatsky elle-même était loin de s'appliquer un semblable régime : tout en recommandant énergiquement le végétarisme et en le proclamant même indispensable au « développement spirituel », elle ne l'adopta jamais pour son propre compte, non plus qu'Olcolt d'ailleurs ; elle avait

I, Lettre du i5juin 1877.

POUVOIR DE SUGGESTION DE M™° BLAVATSRY 8l

de plus Ihabitude de fumer presque sans interruption du matin au soir. Mais tout le monde n'est pas également accessible à la suggestion ; c'est probablement quand celle-ci était impuissante à provoquer des hallucinations de la vue et de l'ouïe que M""^ Blavatsky avait recours aux « Mahâtmàs de mousseline » et à sa clochette d'argent.

L'attraction qu'exerçait M™^ Blavatsky est d'autant plus étonnante que son aspect physique était fort loin d'être agréable ; W . T. Stead a même dit quelle était « hideusement laide, monstrueusement grosse, avec des manières grossières et violentes, un caractère horrible et une langue profane », et encore qu'elle était « cynique, moqueuse, insensée, passionnée », en un mot qu'elle était « tout ce qu'un hiérophante des mystères divins ne doit pas être » ^. Malgré cela, son action magnétique est indéniable, et l'on en trouve encore un exemple frappant dans l'influence qu'elle prit tout de suite sur M"® Annie Besant lorsque celle-ci lui fut présentée, en 1889, par le socialiste Herbert Burrows. La farouche libre penseuse qu'avait été jusqu'alors la future présidente de la Société Théosophique fut conquise dès la première entrevue, et sa « conversion » fut d'une telle soudaineté qu'on aurait peine à y croire, si elle-même n'en avait raconté toutes les circonstances avec une naïveté vraiment déconcertante -. Il est vrai que M'"^ Besant semble avoir été, à cette époque tout au moins, particulièrement changeante et impressionnable ; un de ses anciens amis a dit : « Elle n'a pas le don de l'originalité ; elle est à la merci de ses émotions et spécialement de ses derniers amis » -'. Aussi fut-elle très probablement de bonne foi au début, peut-être même tant que vécut M'"^ Blavatsky, qui en fit sa secrétaire, et qui, au cours d'un voyagea Fontainebleau, fit apparaître devant elle le « Mahatma » Morya. Par contre, il est extrêmement

Page 1