DERNIÈRES ANNÉES DE M"^® BL.VVATSK.T
d'Olcott : « Le jour où il est venu en personne, à Paris, se mêler de nos travaux, c'a été une désillusion complète pour tous les théosophes, qui se sont retirés alors, laissant la place à de plus novices. Un aplomb américain imperturbable, une santé de fer, pas la moindre éloquence, pas la moindre instruction, mais des qualités spéciales de compilateur (encore un trait américain), pas de savoir-vivre, une crédulité frisant la complicité et excusant à la rigueur ses maladresses, et, je dois l'ajouter, car cela contraste avec son associée et dominatrice, une certaine bonté qui serait plutôt de la bonhomie : tel est l'homme qui, actuellement, est le commis-voyageur du Bouddhisme » ^.
Tout en abandonnant les fonctions administratives à Olcott, définitivement établi au quartier général d'Adyar, ]^/[me Blavatsky s'était réservé ce qui concernait la « section ésotérique », où nul ne pouvait être admis sans son approbation. Cependant, le 26 décembre 1889, elle nomma Olcott « agent secret et unique représentant officiel de la section ésotérique pour les pays d'Asie » ; et, à la même date, Olcott, qui se trouvait alors à Londres, la nomma en retour directrice d'un bureau ayant pour membres M™^ Annie Besant, William Kingsland et Herbert Burrows, avec le titre de « représentants personnels et fondés de pouvoirs officiels du président pour la Grande-Bretagne et l'Irlande ». De cette façon. M'"" Blavatsky avait entre les mains, pour le Royaume-Uni, toute la direction de la Société dans ses deux sections, et il en était de même d'Olcott pour l'Inde ; nous disons l'Inde seulement, car nous ne pensons pas qu'il y ait eu alors de branches théosophiques dans les autres pays d'Asie. Par contre, en Europe, il y avait déjà des branches dans plusieurs pays ; et six mois plus tard, exactement le
I. Sur le passage d'Olcott à Paris et a la façon tout aniéricaiae dont il embauchait des membres à la fournée », voir aussi Le Lotus, octobre-novembre 1888, p. 5io, et février 1889, pp. 703-70'!. — Ajoutons encore que F.-K. Gaboriau avait adressé à Olcott, le \2 décembre 1888, su démission de membre de la Société Théosophique (('(/, , décembre 1888, p. ^75],
9 juillet 1890, Olcott délégua à M™'= Blavatsky pleine autorité pour s'entendre avec ces diverses branches et les grouper dans une section européenne unique. Cette section devait jouir d'une autonomie complète, au même titre que la section américaine, déjà constituée sous la direction de William Q. Judge, vice-président de la Société ; il y avait ainsi trois sections autonomes dans la Société Théosophique. Aujourd'hui, il y a autant de « Sociétés Théosophiques nationales », c'est-à-dire de sections autonomes, qu'il y a de pays où se trouvent des théosophistes en nombre suffisant pour en former une; mais, bien entendu, toutes, sauf les groupements dissidents, sont toujours rattachées au quartier général d'Adyar et en reçoivent l'es directions, qui sont acceptées sans la moindre discussion ; il n'y a donc d'autonomie réelle que pour l'organisation purement administrative.
A l'époqueoù nous en sommes arrivé, des incidents fâcheux se produisirent dans la section américaine : le D"" EUiott E. Gowes, un savant connu qui s'y était fourvoyé, mais qui n'avait pas tardé à s'apercevoir de bien des choses, forma une Société indépendante à laquelle adhérèrent plusieurs des branches qui existaient aux Etats-Unis ; naturellement, on se hâta de prononcer son exclusion. Le D"" Cowes riposta en publiant un article dans lequel il faisait connaître que les prétendues révélations des « Mahâtmâs », à qui on attribuait maintenant l'inspiration d'Isis Dévoilée aussi bien que celle de la Doctrine Secrète, avaient été tirées en bonne partie, en ce qui concerne du moins le premier de ces deux ouvrages, des livres et manuscrits légués à M"^ Blavatsky par le baron de Palmes ; et il faisait remarquer que ce qui aurait dû mettre sur la voie, c'est qu'un des auteurs les plus fréquemment cités dans ces communications soi-disant venues du Thibet était l'occultiste français Eliphas Lévi * . Le baron de Palmes était mort à New-York en 1876, en léguant à la Société Théosophique tout ce qu'il possédait ; Sinnett a pré-