CHAPITRE XI
PRINCIPA.UX POINTS DE L'ENSEIGNEMENT THÉOSOPHISTE
Si l'on considère dans son ensemble la soi-disant doctrine théosophiste, on s'aperçoit tout d'abord que ce qui en constitue le point central, c'estl'idée d' « évolution » ^ ; or cette idée est absolument étrangère aux Orientaux, et, même en Occident, elle est de date fort récente. En effet, l'idée même de « progrès », dont elle n'est qu'une forme plus ou moins compliquée par des considérations prétendues « scientifiques », ne remonte guère au delà de la seconde moitié du xvin^ siècle, ses véritables promoteurs ayant été Turgot et Condorcet ; il n'y a donc pas besoin de remonter bien loin pour trouver l'origine historique de cette idée, que tant de gens en sont arri\és, par l'effet de leurs habitudes mentales, à croire essentielle à l'esprit humain, alors que la plus grande partie de l'humanité continue pourtant à l'ignorer ou à n'en tenir aucun compte. De là résulte immédiatement une conclusion fort nette : dès lors que les théosophistes sont « évolutionnistes » (et ils le sont au point d'admettre généralement jusqu'au transformisme, qui est l'aspect le plus grossier de l'évolutionnisme, tout ens'écartant cependant sur certains points de la théorie darwinienne) -, ils ne
1. Un théosophiste a déclaré expressément que « la Doctrine Secrète n'aurait pas été publiée si la théorie de l'évolution ne s'était fait jour dans le cerveau humain » [Les Cycles, par AmaraveDa : Lotus Bien, 27 avril i8f)4, p. 78) ; nous dirions plutôt que, sans cela, elle n'aurait pas été imaginée. >