Ibid., p. 1C
LE SERMENT DANS LE TIIÉOSOPHISME l5l
moindre sentiment d'honneur comprendra qu'un serment de silence prêté sur sa parole d'honneur, plus encore, prêté au nom de son « Moi supérieur », le Dieu caché en nous, doit lier jusqu'à la mort, et que, bien qu'ayant quitté la section et la Société, aucun homme, aucune femme d'honneur, ne songera à attaquer une association à laquelle il ou elle s'est lié de la sorte » '. Elle termine par cette citation d'un organe théosophiste, où s'exprime encore la menace des vengeances du « karma » : « Un serment prêté est irrévocable, dans le monde moral et dans le monde occulte à la fois. L'ayant violé une fois et ayant été punis, nous ne sommes pourtant pas dans le droit de le violer de nouveau ; et aussi longtemps que nous le ferons, le puissant levier de la loi (de karma) retombera sur nous » -.
Nous voyons encore, par ces textes, que le serment de silence prêté dans la « section ésotérique » se double d'un serment d'obéissance aux « instructeurs » théosophistes ; il faut croire que cette obéissance peut aller très loin, car il y a eu des exemples démembres qui, mis en demeure de sacrifier une bonne partie de leur fortune en faveur de la Société, l'ont fait sans hésitation. Les engagements dont nous venons de parler existent toujours, aussi bien que la « section ésotérique n elle-même, qui a pris, comme nous l'avons dit, la dénomination d' « Ecole théosophique orientale », et qui ne saurait subsister dans d'autres conditions ; il paraît même qu'on oblige les membres qui veulent passer aux grades supérieurs à une sorte de confession générale, où ils exposent par écrit l'état de leur « karma n, c'est-à-dire le bilan de leur existence dans ce qu'elle a de bon et de mauvais ; on pense les tenir parla, comme M™*^ Blavatsky pensait les tenir par les signatures qu'elle leur faisait apposer au bas des procès-verbaux de ses « phénomènes ». Du reste, l'habitude d'accepter les ordres de la direction sans