‹ Le Thiosulfate d'Or et de Sodium par voie intrapleuraleChapitre 23 sur 29 · OBSERVATION XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XV

(Malade du PT Gendron.)

Une pleurésie purulente survient dans un vieux pneumothorax de quatre ans, et il se produit une perforation pulmonaire avec vomiques purulentes. Tous les huit jours on fait une ponction évacuatrice et la perforation se ferme. Après une injection intrapleurale de 0 gr. 10 de thiosulfate d’or et de sodium le liquide réapparaît immédiatement. On ponetionne maintenant tous les trois jours, puis on injecte dix centigrammes de thiosulfate. Ce sel semble ici provoquer la réapparition du liquide mais on ne trouve plus de bacilles dans le pus,

alors qu’ils étaient très nombreux auparavant.

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OBSERVATI0N XVI

(Malade du Dr Troisier.)

M. J..., âgé de 46 ans, est envoyé dans un sanatorium de Ris Orangis en mai 1928, pour une tuberculose ulcérocaséeuse du poumon gauche. Malgré l'apparition d’un pneumothorax spontané, la cure ne donne aucun résultat et en juillet on conseille au malade d'aller se reposer à la campagne. Trois mois après, il rentre à Paris, très amélioré: il a repris huit kilogrammes et ne tousse presque plus ; la fièvre a complètement disparu.

Cependant, en janvier 1929, apparaît un point de côté gauche. La toux devient plus fréquente et s'accompagne d’expectoration, la température vespérale atteint parfois 380, Le malade décide de se faire hospitaliser, et le 7 février 1929 il entre dans le service du Dr Troisier à Bichat.

On constate alors la présence d’un épanchement pleural gauche remontant jusqu'à la pointe de l’omoplate. Au sommet, on trouve quelques signes d'infiltration parenchymateuse. Le poumon droit est sain.

Le 13 février, une ponction permet de retirer 600 cc. d'un liquide séro-purulent ne contenant pas de B. K.

Le 4 mars : nouvelle ponction de 1: litre.

Le 12 mars : après avoir retiré 4o cc. de liquide, on injecte dix centigrammes de thiosulfate d'or et de sodium dans la plèvre. Cette injection est renouvelée le 19 et le 29 mars, après une ponction de 150 cc. Aucune réaction thermique n’est observée, mais le 12 avril, on voit appa-

raître au niveau de la jambe et du bras gauches des lésions

érythémato-papuleuses circinées, plus nombreuses au pli

du coude. Prurigineuse au début, cette éruption s’accompagne bientôt de douleurs localisées aux deux membres. Les signes généraux sont minimes, il n’y a pas d'albumi-

aurie. Le 10 avril, les éléments s’atténuent, deviennent plus

violacés et tendent à disparaître en donnant une desquama-

tion assez abondante.

Le 2 mai, on obtient encore 430 cc. de pus. On réinjecte o gr. 10 de thiosulfate sans aucun incident.

À ce jour(20 mai), le liquide semble avoir peu de tendance à se reproduire ; il n’en persiste qu'une petite nappes’étendant sur deux travers de doigt. L'état général est meilleur : le malade reprend du poids et sa température ne dépasse

pas 3706. Les injections de thiosulfate sont poursuivies.

En résumé, pleurésie purulente réapparaissant rapidement après chaque évacuation. A la suite de quelques injections intrapleurales de thiosulfate on voit les ponctions s’espacer, le liquide ne manifestant plus qu’une faible tendance à la reproduction.

À signaler une légère réaction cutanée à la troisième injection. Après un mois d'interruption, la reprise du traitement aux mêmes doses ne donne

lieu à aucun incident.

O8BsERvATION XVII (Malade du Dr Léon-Kindberg.)

M.T..., âgé de 32 ans, entre dans le service du professeur

Lemierre, le 13 février 1929. Il présente un épanchement

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pleural extrémement abondant avec voussure de l’hémithorax droit. La matité remonte jusque dans les fosses susépineuse ‘et sous-claviculaire ; un souffle est perçu tout au sommet. Le cœur est très déplacé vers l’aisselle gauche.

La dyspnée intense, s’accompagne d’une légère cyanose. On trouveun peu d’ascite et un œdème discret au niveau des malléoles, à la face interne des cuisses et sur la paroi abdominale. La face elle-même est un peuinfiltrée. La température est de 3702.

On retire en deux fois 3 litres 520 d’un liquide sero-purulent contenant de très nombreux polynucléaires et quelques B. K. (un par dix champs).

Le 17 février, les œdèmes ont disparu ainsi que l’ascite ; le cœur est moins dévié. Il ne persiste plus qu’une légère dyspnée. Cependant, deux ponctions faites le 18 et Le 22 février ramènent r100 et 1200 cc. de liquide.

Le 26 février,on commence les injections intrapleurales de thiosulfate d’or et de sodium : dix centigrammes chaque semaine. Elles ne provoquent aucune réaction.

Le 19 mars, une ponction ramène encore {oo ce. d’un liquide jaune verdâtre contenant des polynucléaires et des lymphocytes en nombre à peu près égal, et quelques cellules endothéliales isolées; tous ces éléments étant très altérés. On n'y trouve pas de B. K.

Une deuxième injection de o gr. 15 de thiosulfate est faite le 27 mars.

Actuellemeut (10 mai), état subfébrile stationnaire. L’épanchement persiste, quoique moins abondant ; la matite

ne s'étend plus que jusqu’à la pointe de l’omoplate.

En résumé, dans une pleurésie purulente tuberculeuse remarquable par la grande abondance de son liquide et sa facilité de reproduction, des injections intrapleurales de thiosulfate ne semblent avoir été

suivies d'aucun effet.

OgsErvarioN XVIII (Malade du Pr Villaret).

M. V..., âgé de 25 ans, entre à l'hôpital Saint-Antoine le 19 février 1929.

Déjà, en 1926, V... avait été hospitalisé pendant deux mois pour une pleurésie séro-fibrineuse. Un examen de crachats pratiqué à cette époque avait montré la présence du bacilles de Koch. Cependant le malade a repris son travail et,malgré la persistance de la toux et de l’expectoration, l’état général demeure assez satisfaisant jusqu'au début de février 1929,

A cette époque apparaît un point de côté persistant avec dyspnée et asthénie ; la température oscille entre 38°-39°, décidant le malade à se faire hospitaliser. On décèle alors Ja présence d’un gros épanchement pleural gauche refoulant le cœur à droite. La ponction donne un liquide purulent, blanc jaunâtre, peu épais, dans lequel on ne trouve pas de B. K.

Le 6 mars, on évacue 600 cc. de pus puis on injecte dans la plèvre o gr. 10 de thiosulfate d’or et de sodium. Cette injection sera renouvelée chaque semaine,

Le 29 mars, on retire un litre de pus (pas de B. K.) puis

on injecte vingt centigrammes de thiosulfate.

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Le 8 avril : nouvelle ponction de: litre. Dans le liquide on constate la présence de B. K. On continue les injections intrapleurales (0 gr. 20).

Actuellement, l’épanchement persiste, la matité remontant jusqu’à la pointe de l’omoplate. L'état général reste

stationnaire, la température oscille toujours autour de 380.

En résumé, sur cet empyème tuberculeux spontané,les injections intrapleuralesde thiosulfate n'ont eu absolument aucune action. L’épanchement a con. tinué de se reproduire et malgré le traitement on a pu constater la présence de bacilles de Koch dans

le liquide de la dernière ponction.

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