INTRODUCTION
On ne saurait dire qu’à l'heure actuelle le traitement des pleurésies purulentes tuberculeuses soit un problème désormais résolu. Il ne s’agit plus cependant d'observations relativement rares : elles constituent l’une des complications majeures du pneumothorax artificiel et nul ne conteste plus les succès remarquables de la méthode de Forlanini, ni ses applications de plus en plus fréquentes. Si, en présence de ces empyèmes, les auteurs sont unanimes pour renoncer à la simple expectative, ils sont loin de s'accorder sur la conduite à tenir.
Maurice Renaud a demandé que le traitement de ces pleurésies tuberculeuses se conformât à celui des épanchements purulents ordinaires : pleurotomie systématique et précoce, et constitution d’une fistule permanente par laquelle lavage et drainage seront maintenus et indéfiniment recommencés. Le résultat immédiat. n’était guère discutable, mais le pronostic n’en demeurait pas moins très sombre par
suite dela surinfection secondaire inéluctable. Pour
notre part, nous ne sommes pas encore tentés d'ouvrir des plèvres tuberculeuses afin d’organiser une fistule que partout ailleurs nous mettons tant de soin à éviter.
Restent trois méthodes possibles. Au sujet de la première, l’oléothorax de Bernou, notre Maître le D' Léon-Kindberg, a fait de sérieuses réserves : inapplicable lorsqu'il y a fistule pleuro-bronchique, elle lui paraît de médiocre utilité, sinon même parfois dangereuse, dans les pyopneumothorax fermés. Il lui préfèrele simple procédé des ponctions-insufflations que recommande avant tout le professeur Sergent. Cependant, silesrésultats en sont parfois excellents, il n'empêche que certains cas leur résistent obstinément : soit qu’il s'agisse de pyothorax particulièrement malins, soit qu'il y ait perforation pleuro-bronchique. Une seule voie s'ouvre alors à nous: l'intervention chirurgicale du type de la thoraco-
plastie extrapleurale de Sauerbruch.
Sans doute,elle ne répand plus autour d’elle la véritable terreur qui semblait l'environneril y a quelques
années encore : c’est ‘une excellente opération,
aisément supportable si l’on suit les directives actuelles, et dont les résultats, appuyés sur d’importantes statistiques, ne sauraient être mis en doute. Elle n’en reste pas moins une intervention importante et qui Justement prend de la gravité lorsqu'on la réalise dans les circonstances qui nous occupent: en dépit de quelques beaux succès, on comprend qu'on y réfléchisse longuement avant de l’entre-
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prendre et c’est en grande partie à ces hésitations que sont dus les essais de notre Maître, objet de cette étude.
Commencées dans les épanchements purulents venant compliquer un pneumothorax thérapeutique, les injectionsintrapleurales de thiosulfate d’or et de sodium ont été également employées dans quelques pleurésies séro-fibrineuses et dans deux cas de lésions tuberculeuses cavitaires traitées avec un succès partiel par la collapsothérapie simple. La plupart des observations que nous. rapporterons ont été prises dans le service du professeur Lemierre, chez des malades du D' Léon-Kindberg. Les autres sont dues à la complaisance de MM. les professeurs Villaret et Gendron, et du docteur Troisier. Nous les prions très respectueusement de bien vouloir trouverici l'expression de notre gratitude.
Après une courte étude sur l’aurothérapie dans la tuberculose pulmonaire, nous essaierons de montrer par quel mécanisme se fait l'absorption médicamen teuse dans la voie intrapleurale, puis, de l'exposé de nos observations nous nous efforcerons de tirer sinon des conclusions formelles, du moins quelques indications que des recherches ultérieures pourront
seules permettre de préciser.