‹ Le Thiosulfate double d’Or et de Sodium dans le traitement de la Tuberculose PulmonaireChapitre 87 sur 89 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

19° — De tous temps les sels d’or avaient été empiriquement 11 employés contre la phtisie. Mollgaard crut trouver dans le thio- * sulfate double d’or et de sodium, sel découvert en 1845 par deux l

chimistes français, Fordos et Gelis, le médicament spécifique de

la tuberculose pulmonaire.

20 — Deux années d’essais cliniques nous ont montré que le thiosulfate double d’or et de sodium ne possédait pas, pour la tubercu ose pulmonaire, une spécificité comparable à celle du mercure pour la syphilis, ou de la quinine pour le paludisme ; ce corps paraissait cependant n'être pas dépourvu de toute action. |

39 — Nous nous sommes efforcés de vérifier l'existence de cette action et de voir quelles étaient les formes de tuberculose pulmonaire susceptibles d’être influencées. Les malades en période fébrile, chez lesquels les variations de la courbe de température, sous l'influence du médicament, apportent un élément objectif important d'appréciation, nous ont permis de faire les constatations suivantes :

40 — Chez les malades fébriles :

a) Dans une proportion de un cas sur trois environ, et principalement dans les poussées évolutives récentes, chez des malades jeunes, il y a eu coïncidence nette entre le traitement et la chute de température, le traitement ayant toujours été précédé d’une période d’observation de trois semaines environ, le malade étant au repos complet.

b) La défervescence s’est constamment accompagnée d’une amélioration fonctionnelle et générale, et fréquemment, mais non toujours, d’une amélioration des signes physiques et radiologiques.

c) Dans les deux tiers des cas environ, et principalement

dans des formes d'évolution aiguë ou à la période terminale, le

médicament est resté sans action.

50 — La posologie appliquée chez ces malades fébriles a été analogue à celle de Mollgaard ; nous persistons à préconiser pour eux les doses élevées du médicament, (de l’ordre de 0.75 à 1 gramme par semaine) qui nous ont donné le maximum d'efficacité avec des réactions assez faibles pour ne jamais commander l'interruption du traitement.

60 — Chez les malades apyrétiques, les résultats ont été peu favorables :

a) Les doses élevées sont à déconseiller : elles ont provoqué chez certains malades des réactions violentes avec, dans l’ensemble, plus d’inconvénients que d’avantages.

b) Les doses modérées (de l’ordre de 0 gr. 25 à O gr. 50 par semaine) sont au contraire bien tolérées; mais il est difficile de juger si ce traitement de longue haleine doit être seul rendu responsable des améliorations fréquemment observées chez ces malades non évolutifs. Personnellement, nous n'avons observé aucun cas suffisamment démonstratif.

70 — Mais, si les observations ultérieures viennent confirmer notre opinion que le thiosulfate double d’or et de sodium peut quelquefois modifier le potentiel évolutif de la tuberculose pulmonaire, nous considérerons néanmoins l’œuvre de Mollgaard comme un progrès dans la thérapeutique de la tuberculose pulmonaire.

Vu: le Doyen, Vu: le Président, H, ROGER LÉON BERNARD.

Vu et permis d'imprimer :

Le Recteur de l’Académie de Paris,

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