‹ Le tiers état à DraguignanChapitre 28 sur 198 · Audiffret · texte numérisé non relu

Audiffret

Encore des montagnards — des gavots — venus sans doute pauvres d’une pauvre région des Alpes peu après les Aymar, les Pasquet, les Roudier et les Pautrier et ayant vaillamment marché sur leurs traces. Après trois et même deux générations de diligents et d’économes, confinés dans la ruche laborieuse où ils peinent et amassent, l’essaim familial prend son vol et se répand dans les professions libérales, la magistrature et l’armée. Au même degré on voit figurer un avocat, un médecin, un conseiller du Roi au Sénéchal, un capitaine et un garde du corps. A l’entrée de laquelle de ces très honorables carrières s’est-on enquis de leurs fort modestes origines?

Ces succès pourtant n’allèrent pas sans griser un tantinet nos Audiffret et susciter en eux des velléités nobiliaires, fondées sur une prétendue parenté avec les Audiffret, marquis de Gréoulx, dont ils portaient les armes. Innocente manie qu’ils partagé-

rent avec la plupart des parvenus de l’ancien régime. Que ceux du nouveau qui sont sans péché de vanité, sans germe d’une maladie décorative quelconque, leur jettent la première pierre!

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