Guigou
Nous ignorons quels parchemins avait bien pu produire le lieutenant Augustin Guigou, fils d’un robin, lui-même petitfils d’un muletier. L’avoir patrimonial, acquis dans le vulgaire mais excellent métier ancestral, avait été le point de départ de ce développement progressif qui aboutit finalement, après deux générations, à la possession de l’épaulette. C’est, en somme, le muletier qui eut le mérite de mettre la petite caravane familiale dans le chemin conduisant, par les relais d’usage, jusqu’aux honneurs militaires, apanage ordinaire, mais non privilège exclusif de la noblesse. Encore une de ces humbles professions qui menaient plus haut à la condition d’en sortir, condition toujours réalisable après fortune faite.