‹ Le Tiers-Ordre [microforme]Chapitre 21 sur 32 · LES SACRÉS STIGMATES · texte numérisé non relu

LES SACRÉS STIGMATES

L'année suivante, et deux ans avant sa mort, François vit s’accomplir pour lui l'évènement le plus mémorable, le plus glorieux de sa vie: nous voulons parler des Sacrés Stigmates. Saint Bonaventure qui a vécu avec les premiers disciples du Saint, a recueilli de leur bouche, avec une pieuse fidélité et une sage discrétion, chacune des particularités de ce prodige sans exemple. Nous empruntons encore au Docteur séraphique, ce large extrait. ‘“ .. Un matin, c'était vers la Fête de l’Exaltation de la Sainte Croix, pendant que François, transporté par l’ardeur de désirs séraphiques, priait sur le versant de la montagne de l’Alverne, il vit descendre des hauteurs célestes un Séraphin aux six ailes de feu, toutes resplendissantes. (Conduit,

(1) L’Auréole Séraphique.

bientôt par la rapidité de son vol tout près de l’homme de Dieu, l'Esprit céleste demeura suspendu dans les airs. Aiors entre les ailes du Séraphin apparut un homme crucifié ; ses mains et ses pieds étaient étendus et attachés à une croix. Deux de ses ailes s’élevaient au-dessus de sa tête, deux autres étaient étendues pour voler et les deux dernières cou- -vralent son corps. À cette vue, le Saint demeura dans un'étonnement indéfinissable, et son cœur éprouva un sentiment de joie mêlé de tristesse. Il se réjouissait d’un aussi admirable spectacle, où le Seigneur, sous la forme d’un séraphin, contemplait son serviteur et son âme était transpercée d’un glaive de compassion douloureuse en le voyant ainsi attaché à la croix. Une vision si insondable le jetait dans une anxiété profonde ; car 1l savait que l'infirmité de la souffrance n'était aucunement compatible avec l’immortalité d’un esprit séraphique. Enfin il comprit par une illumination céleste que la divine Providence lui avait

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permis de jouir d’une telle faveur pour lui apprendre à lui, l’ami de Jésus-Christ, qu’il devait se transformer non par le martyre du corps, mais par le feu de l’amour en la res-

semblance du Sauveur crucifié. La

vision disparut mais elle laissa dans

son cœur une ardeur merveilleuse,

et dans sa chair la trace non moins merveilleuse de l’empreinte divine ; soudain commencèrent à paraître dans ses mains et dans ses pieds les marques de clous, telles qu'il les aväit vues tout à l'heure dans le Crucifié offert à ses regards. Ses mains et ses pieds semblaient transpercés de ces clous ; leurs têtes apparaissaient à l’intérieur des mains et sur les pieds et l’on voyait sortir leurs pointes à la partie opposée.

Ces têtes étaient noires et rondes, les pointes longues et comme recourbées avec effort ; après avoir traversé la chair, elles demeuraient tout à fait distinctes. Son côté droit portait aussi l’empreinte d’une cicatrice rouge comme s’il eût été transpercé d’un coup de lance, et souvent

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le sang s’échappait de cette plaie avec une abondance telle que tous les vêtements du Saint en étaient pénétrés....….

La solennité de l’Archange saint Michel étant passée, l'homme angélique, François, descendit de la montagne, portant en lui l’image de son Seigneur crucifié, image non gravée sur la pierre ou sur le bois, par la main de l'’ouvrier, mais imprimée dans sa chair, par le doigt du Dieu vivant...

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