‹ Le Tiers-Ordre [microforme]Chapitre 24 sur 32 · TA · texte numérisé non relu

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crucifié. ”” Déjà sur le seuil de la tombe, il disait fréquemment à ses Religieux : ‘ Ô mes très-chers Frères, ô mes Enfants bénis à jamais, commençons maintenant à servir le bon Dieu, car jusqu’à présent, nous avons fait peu de chose, nous n’avons rien fait.” 0

Cependant épuisé: par les fatigues de l'apostolat, paï ses effrayantes austérités, par le eng qui s’échappait de ses plaies, il Hépérissait sensiblement; mais ses souffrances lui étaient chères: il. le appelait ses sœurs et n’en vouläit rien perdre.

Une voix céleste..lui avait dit:

‘* François, les souffrances que vous endurez sont préférables à toutes les richesses du monde, ,car elles peu-

vent vous faire obtenir un royaume

dont le prix est inésStimable —François, la voie des souffrances est celle

ui conduit à la Béatitude éternelle.”

ne autre voix lui avait fait connaître le jour de sa mort; aussi la vit-il arriver avec une admirable sérénité, et il la salua, comme les souffrances, du doux nom de sœur. Le

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Saint fit venir près de lui frère Léon :

“ Chère petite Brebis du Christ, lui dit-il, ajoutez une dernière strophe au Cantique du Soleil ; car, il a plu au Seigneur de m'annoncer le moment où je serai délivré des liens qui me retiennent encore ici-bas.”” Frère Léon écrivit : “Soyez béni, Seigneur, pour la mort, :notre sœur, que nul homme vivant ne, peut éviter; malheur à ceux qui‘meurent en état de péché mortel ; hexireux ceux qui, à l'heure de la môït, se trouvent conformes à votre sainte volonté, la se conde mort ne pourra les atteindre.”

Mais hâtons-nous, mes Frères et Sœurs dans l'Ordye Séraphique, hôtons-nous de recueillir les dernières volontés et les dernières bénédictions du Stigina tisé de l’Alverne, notre bien-aimé Père !

Une nuit, aü-eouvent de Sienne, où on l'avait transporté à cause de la douceur du climat, le séraphique malade eut une crise si violente qu’il parut toucher à sa dernière heure. Tous les Frères du couvent, et plusieurs autres, venus des divers

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points de l'Italie, l’entouraient fondant en larmes, et le suppliaient de ne point les quitter, avant de leur a7oir fait ses dernières recommandations : ‘‘ Que tous les Frères, dit le séraphique Patriarche, s'aiment toujours entre eux, comme je les ai aimés et comme je.les aime; qu'ils chérissent toujours'ma Dame et ma Maîtresse, la sainte! Pauvreté, et la conservent comré’.un précieux trésor. Qu'ils soient foujours soumis et fidèlement attathiés au Souverain Pontife et aux Prébats de la sainte Eglise. Que le .Pére, le Fils et le Saint Esprit les bénissent et les protègent. ” Cetto recommandation était pour toutes les âmes, alors présentes dans son Ordre et pour toutes celles qe devaiert y entrer jusqu’à la fin

u monde. Elle est. donc aussi pour vous, Enfants de son Troisième Ordre, cette dernière volonté tombée des lèvres défaillantes de votre Père:

recueillez-la avec amour!

De Sienne, le Saint fut transporté à Notre-Dame-des-Anges. En passant à Assise, l'Evêque voulut l’a-

voir dans son palais: c’est là que le médecin qui ne quittait plus l'homme de Dieu, l’avertit que sa mort était proche. Le visage de François devint alors radieux, et il chanta les louanges de sa sœur, la mort. Comme le Patriarche Jacob, il fit venir ses enfants et il les-bénit, les bras étendus, l'un sur l'auiré, en forme de croix ; puis il demanda à être enfin transporté à sa $hgre Portioncule, berceau de son Ordre:

Quand on fuf dans la plaine, en face d'Assise : « tournez- -moi, dit-il, du côté de la vides” :” etse soulevant de sa couche de.douleur, il prononça ces solennelles paroles : ‘* Soyez bénie du Seigneur: Ville fidèle à Dieu, parce que beaucoup d’âmes seront sauvées en vous.èt par vous. Un

| gs nombre de Serviteurs du Très-

aut, habiteront dans votre enceinte et la plupart de vos citoyens seront choisis pour la vie éterxelle ! ” et dans son attendrissement, il ver-

sait des larmes abondantes.

Le vendredi, 8 octobre, il fit assembler ses Frères, les bénit une se-

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conde fois, fit un signe de croix sur un pain qu'il partagea à tous, comme un symbole d'union et de concorde fraternelle. Tous les Frères fondaient en larmes. Après un instant de repos, le saint Patriarche dicta son Testamenñt'.spirituel, dernière neructou de pénitence et d'amour.

Le lendemain, 4 doisibre, François se dépouilla du vêtement qu'il portait et on lui donma’ün habit d’emprunt qu'il acceptà Par pauvreté et par obéissance ; il se. fit aussi coucher sur la terre n&e: Vers le soir, le saint mourant, ‘toujours couché sur la terre nue, fit chanter le Cantique du Soleil et s'uünit-avec une allégr resse indicible à ce chant d'amour.

e cantique achevé,” il croisa de nouveau ses bras, donna au nom et par la vertu de Jésus crucifié, une suprême Bénédiction aux présents et aux absents, et il ajouta : ‘‘ Adieu mes Enfants ; je vous dis adieu à tous ! je vous laisse dans la crainte du Seigneur : demeurez-y toujours.

Le temps de l’épreuve et de la tri-

LR:

bulation approche. Heureux ceux qui persévèreront dans le bien qu'ils ont commencé. Pour moi, je m'en vais à Dieu avec ün grand empressement, et je vous recommande tous à sa sainte grâce |”

Il se fit lire ensuite la Passion du Sauveur. Après cétte iecture, il commencça lui-même #réciter d’une voix presque éteinte,. cette hymne de la délivrance: ce

‘Ma voix a crié ver’ le Seigneur :

je lui aï adressé es vœux.— Je répands mes prières en sa présence :

je lui dis mes ‘douleurs, et mon esprit est près de défaillir.—C'est vous que j'implore; Ô mon Dieu, et j'ai dit: Vous êtes .iMon espérance et mon partage dans la terre des Vivants. — Délivre, Seigneur, mon âme de sa prison, afin que je puisse vous glorifier. Les J'ustes sont dans l'ettente de la récompense que Vous me donnerez..…....

Lorsqu'il eut murmuré ces dernières paroles, il poussa un léger soupir : son âme avait brisé ses liens et s'envolait dans le sein de Dieu.

C'était le samedi soir, 4 octobre de l'année 1226. Saint François était alors dans la quarante-cinquième année de son âge et la vingtième de sa conversion. Moins de deux ans après sa mort, 1l fut mis au nombre

des Saints, par son illustre ami, le

Cardinal Hungolini, devenu Je Pape Grégoire IX. Le 16 juillet 1628, le Souverain Pontife s'était rendu à Assise, et là sur le tombeau même du Saint, au milieu d’un nombre considérable de Cardinaux, d’'Evéques, de Religieux de l'Ordre, de Seigneurs des Provinces voisines ; au milieu d’un peuple immense, il prononça du haut de son trône, ces paroles solennelles : ‘“ À la gloire du Dieu Tout-Puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, de la glorieuse Vierge Marie, des Bienheureux apôtres saint Pierre et saint Paul et à l'honneur de l'Eglise Romaine, nous avons résolu, avec le conseil de nos Frères et des autres Prélats, d'inscrire au Catalogue des Saints, le Bienheureux Père François, que Dieu a glorifié

dans le ciel et que nous vénérons

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