SUPPLÉMENT
TIMBRES-POSTE
1896.—Ona supprimé, comme étant d'un emploi très restreint, les valeurs suivantes des vignettes en cours :
Le timbre de 75 cent.;
L'enveloppe grand format de 5 cent.;
L'enveloppe pelit format à 15 cent. ;
La bande de 3 cent.;
Les chiffres-taxe de 60 cent. et 5 fr.
1898. — On a réliré des feuilles sur le premier type 1876-79 (n° 10) :
à 5 cent. vert-jaune.
410 — noir sur mauve. F 90 — carmin sur rose.
1899. — Même type :
hf:
Ce timbre est appelé à devenir assez rare. Il en a été Liré 500000, mais il a été remplacé par la série nouvelle de
brun sur azuré.
1900. — Émission d'une nouvelle série se composant de trois lypes. Le premier type (n° 10 A), le plus réussi, est dû à M. J. Blanc pour le dessin et à M. E. Thomas pour la gravure. Il représente une déesse ailée tenant la balance . dela justice, au-dessous de laquelle deux anges joufflus s'embrassent. La valeur
est contenue-dans une couronne de lauriers, en bas du timbre. Ce type sert pour les petites valeurs. Impression de couleur sur papier blanc.
Type n° 10 A. Type n°10 B.
4 cent. gris clair.
2 — marron.
3 — vermillon.
4 — brun.
5 — vert.
Le deuxième type (n° 10 B) est affreux, et l’on est étonné de lire la signature de Mouchon sur une semblable vignette.
Une femme assise tient les tables des Droits de l'homme; la valeur est en haut à droite dans un cartouche. Le dessin, trop finement gravé, est impossible à reproduire d'une facon satisfaisante, typographiquement. Impression de couleur sur papier blanc.
10 cent. carmin.
15 — orange.
20 — marron.
25 cent. hleu.
39 — violet.
Le troisième type (n° 10 C)est oblong, comme l'ancien type à 5 francs de l'empire (n° 6). Il est assez bien dessiné par Luc-Olivier Merson, et suffisamment gravé par M. A. Thévenin. Le sujet représente la Paix, cuirassée, l'épée au repos, semblant contempler le travail des champs; un olivier étend ses branches sur tout le dessin. Celle vignette, assez élégante, est destinée aux hautes valeurs. L'impression est en deux couleurs, c'est-à-dire qu'au centre on remarque une petite tache colorée.
Type n° 10 C.
40 cent. rouge centre bleu.
50 — marron — lilas.
4 fr. rouge foncé — verl-olive.
2 — vioiet — jaune.
5 — bleu — chamois.
En général l'impression des vignettes Mouchon laisse beaucoup à désirer. La cause en est que la gravure a été faile sur buis au lieu de l'être sur acier; aussi le fluu du fond el du dessin pour le deuxième type est-il très accentué, à tel point qu'à la Chambre des députés il y eut deux interpellations !
Voici la première, qui a eu lieu en novembre 1900, au moment de Ja discussion du budget des postes et lélégraphes.
M. Boucror. — Je n'ai qu’un simple mot à dire au sujet des nouveaux timbres-posle.
L'opinion publique a été assez émue
de ces nouvelles émissions postales;
elle a trouvé que c'était une véritable déception, que les vignettes nouvelles
ne répondaient pas le moins du monde ce qu'on en altendait. (Très bien ! très bien!)
N'y aurait-il pas lieu de remettre à l'étude une nouvelle vignette, ou de revenir aux anciennes ? |
A droite. — Les anciennes étaient mieux failes.
M. LE couTE DE LAXIUINAIS. — 1] vau-
drait mieux y revenir.
M. Boucror. — Il est parfaitement évident que les compositions qui avaient été celles de M. Sage et, auparavant, celles qui-élaient la reproduction d'une médaille syracusaine élaient infiniment supérieures. Ces tirages antérieurs avaient cel avantage qu'on y voyait mieux les chiffres. Dans les timbres de dix etquinze centimes, œuvre de M. Mouchon, il me semble que la gaucherie de l'exécution n’a d'égale que la pauvreté de l'invention; enfin, pour la série des dix centimes, confiée à M. Blanc, il n'est personne qui n'ait remarqué le manque d'originalité des figures et la confusion dans les lignes qui la caractérisent,
M. Sucnerer. — La couleur rougebrique fait une confusion avec l’ancien timbre de 40 centimes. Pourquoi avoir changé la couleur bleue, en usage depuis 18481?
M. Boucror. — Il y aurait là, suivant moi, une occasion de remettre à l'étude une proposition qui avait déjà fait l'objet d'un examen de la Chambre de 1892 et de 1895, celle du « timbre unique », et puisque je vois à son banc M. le ministre des finances, j'appelle particulièrement son attention sur ce sujet : ne pourrait-on pas avoir un « {imbre unique », qui servirail en mème Lemps pour la poste, pour les affiches, pour les effets de commerce, et enfin pour les timbres-quittances? Celle question a déjà
4. Ce député ignorait la convention internationale postale qui a décidé des couleurs pour les valeurs suivantes : 5 cent.
vert; 10, rouge ; 25, bleu. (V. plus loin.)
été posée en 1895 et n'a pas recu de solution.
Enfin, ce qui me frappe dans le budget, c'est ceci : M. le rapporteur indique que du fait de la franchise postale, la poste perd une recette considérable, évaluée à 65 millions. N'y aurait-il pas moyen, là aussi, d'introduire une réforme? Les poursuiles judiciaires sont impossibles, ou du moins très difficiles, puisqu'il y a des arrêts de 1849 et de 1850 qui soumettent ces poursuites à l'autorisation préalable du ministère des finances. Et, à ce sujet, puisqu'on a créé des timbres gratuits pour les militaires, ne pourrait-on pas enrayer les abus et introduire pour la franchise postale un timbre spécial? C'est encore une queslion qui a été étudiée et qui a recu une solution dans différents pays, au grand avantage du Trésor. Nous ne voyons pas pourquoi l'administration francaise est en retard sur ce point. (Très bien! très bien ! sur divers bancs.)
M. ze PRésiDENT. — La parole est à M. le sous-secrétaire d'Etal.
M. Mocceor, sous-secrélaire d'Etat aux postes et télégraphes. — Je sais que l'avis n'esl pas unanime sur nos nouveaux timbres. D'aucuns les ont criliqués avec exagération : je crois que les critiques se seraient produites même si nous avions fait beaucoup mieux. D’autres les ont approuvés. |
Cependant l'administration des beauxarts ne pense pas comme vous, mon cher collègue, car c'est après l'avoir consultée que nous avons décidé l'impression de ces timbres. .
En ce qui concerne la couleur du timbre de 15 centimes, je reconnais qu'elle est désavantageuse pour l'arliste; la vignette ne ressort pas comme elle pourrail ressortir, comme vous la voyez ressortir, par exemple, pour les timbres de 10 et de 25 centimes. Mais vous n'ignorez pas que c'est à la suite d'une convention internationale que nous avons
dû changer nos couleurs, et affecter le vert aux timbres de 5 centimes, le rouge aux timbres de 10 centimes, et le bleu aux timbres de 25 centimes.
Peut-être ÿ aura-L-il une modification à apporter au timbre de 15 centimes.
Toutefois, ce qui nous avait déterminés dans le choix de la couleur nouvelle, c'est qu'elle permet moins que toute autre le lavage du timbre après son emploi. L
La deuxième interpellation eut lieu le 24 décembre 1900.
M. Miruan. — Des observations ontélé présentées par M. Bouclot sur ces nouveaux timbres. Il faut que cette question ait une sanction. Il s’agit de savoir si certains de ces timbres-poste sont dignes de la renommée artistique du pays.
Le nouveau timbre de 15 centimes est laid. Il est de beaucoup inférieur à l'ancien Limbre, qui avait été dessiné sous la direclion de Meissonnier.
L'administralion a voulu faire le timbre de la République francaise, et elle a raison; mais il ne suffit pas de mettre les Droits de l’homme sur les genoux d'une femme laide pour faire un timbre républicain.
Ce timbre-là ne peut rester dans la circulation. IL paraît qu'il a rencontré l'approbation d'un inspecteur général des beaux-arts. Cela ne suflil pas. (Très bien! sur plusieurs bancs.)
En conséquence, M. Mirman dépose une molion invitant le gouvernement à retirer de la circulation les timbres de 15 et de 25 centimes?.
M. Cuarzes FERRY. — Pourquoi avoir changé ce timbre? Pourquoi cette dépense inutile?
M. Mouceor, sous-secrélaire d'État. — L'opération, loin de causer une dépense, donnera une économie.
M. Mirmax. — Les timbres de 15 et de