CHAPITRE PREMIER
La poste à travers les premiers siècles.
Assurément il n’est pas osé de dire que l'invention des courriers et des dépêches est vieille comme le monde. Dès les premières années de fa civilisation, dès que les hommes se furent constitués en sociétés plus ou moins policées et s’établirent sur ‘la surface du globe en différentes contrées, la nécessité se fit immédiatement sentir d’avoir des relations de famille à famille, de patriarche à patriarche. Bien avant que l'écriture fût trouvée, des courriers existaient, qui allaient de groupe en groupe porter des messages verbaux.
Les temps préhistoriques n'ayant laissé derrière eux aucun document, à peine une légende grossie par le populaire, d’où sont nées les mythologies ; les traditions pieusement recueillies de bouche en bouche s'étant transmises de généralion en généralion, en se déformant et en s’altérant, il ne nous est pas permis d'avoir la moindre notion exacte sur l’organisation de nos parents ancestraux. Il est toutefois juste de supposer qu'ils avaient, comme nous, le besoin de se communiquer les bonnes
et les mauvaises nouvelles et qu'ils s'étaient arrangés pour le salisfaire. <
On trouve dans les historiens de l'antiquité différents passages indiquant clairement que les Mèdes el les Perses se servaient de courriers. I en élait de mème en Chine, en Assyrie, en Égypte.
Hérodote est l'historien qui est entré le plus dans les détails sur l’organisation des postes ; après lui vient Xénophon.
Les livres hébreux font mention des courriers que le roi des Mèdes, Assuérus, envoya pour porter les lettres de révocation de l'édit contre les Juifs. | Ë
Cyrus, le célèbre roi de Perse, après une première expérience, qui avait consislé à envoyer des courriers dans toutes les directions, lesquels étaient chargés de lui indiquer le nombre de lieues qu'un cheval pouvait faire sans être surmené, avait élabli des postes où l’on trouvait des chevaux de relais.
Les courriers se passaient les dépêches, et aucune intempérie
ne devait les arrêter. Ils devaient tout braver pour accomplir avec célérilé leur mission et remettre ‘au prochain relai, à un
autre courrier, le message dont ils élaient chargés. Le dernier en faisait de même, et, de relai en relai, l'envoi arrivait à deslinalion. (XÉNOPHON.) ;
Certaines chroniques affirment que les Orientaux dressaient des hirondelles et qu'ils procédaient comme on fait de nos jours avec les pigeons voyageurs.
Le premier nom des postes fut angara : les Perses désignaient ainsi leurs slalions; ce mot marque une action faite contre la volonté ! Les Romains, suivant certains auteurs, nommaient leur inslitulion « courses publiques » dès-les premières années de la République. (Tire-Live.)
: Dans les Commentaires de César on trouve le système en usage