‹ Le tintoret, opera en 3 actesChapitre 18 sur 34 · SCENE IV Les Mêmes, FAUSTINA, de sa barque · texte numérisé non relu

SCENE IV Les Mêmes, FAUSTINA, de sa barque

FAUSTINA, du dehors

La nuit bruyante et lumineuse

Sous les fanaux, N'a pas pour mon âme rêveuse

D'attraits nouveaux...

Je lui préfère le silence

Plein de clarté, De la lune qui se balance

Les soirs d'été...

Ecoute !... C'est sa voix divine, Argentine...

Elle vient de ce côté...

FAUSTINA, du fond de la scène

Ce qui rend belle la nature

En sa splendeur, Ce qui fait sa senteur plus pure.

C'est le bonheur !...

Ah ! si ce soir j'étais heureuse Gomme ils sont tous,

Avec eux je viendrais joyeuse Au rendez-vous !

C'est elle !... son âme soupire...

Quel est celui

Dont l'éclair luit Dans son ciel et l'inspire ?...

O trouble de mon cœur!...

Les barques s'éloignent. — Les feux disparaissent. — La gondole de Fauslina s'arrête près du rivage.

GONDOLIERS, VÉNITIENNES, s'eloignant

Combien est belle la nature En sa splendeur !

Ce qui fait sa senteur si pure, C'est le bonheur.

FAUSTINA, sans voir le Tintoret

J'ai fui leurs chants et leur joie.

Ma barque seule côtoie Ces rivages déserts...

LE TINTORET. sans se montrer

Sa voix, comme un parfum, semble embaumer les airs..

Car la foule bruyante

En ses ébats A mon âme souffrante

Ne convient pas!...

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