SCENE IV Les Mêmes, FAUSTINA, de sa barque
FAUSTINA, du dehors
La nuit bruyante et lumineuse
Sous les fanaux, N'a pas pour mon âme rêveuse
D'attraits nouveaux...
Je lui préfère le silence
Plein de clarté, De la lune qui se balance
Les soirs d'été...
Ecoute !... C'est sa voix divine, Argentine...
Elle vient de ce côté...
FAUSTINA, du fond de la scène
Ce qui rend belle la nature
En sa splendeur, Ce qui fait sa senteur plus pure.
C'est le bonheur !...
Ah ! si ce soir j'étais heureuse Gomme ils sont tous,
Avec eux je viendrais joyeuse Au rendez-vous !
C'est elle !... son âme soupire...
Quel est celui
Dont l'éclair luit Dans son ciel et l'inspire ?...
O trouble de mon cœur!...
Les barques s'éloignent. — Les feux disparaissent. — La gondole de Fauslina s'arrête près du rivage.
GONDOLIERS, VÉNITIENNES, s'eloignant
Combien est belle la nature En sa splendeur !
Ce qui fait sa senteur si pure, C'est le bonheur.
FAUSTINA, sans voir le Tintoret
J'ai fui leurs chants et leur joie.
Ma barque seule côtoie Ces rivages déserts...
LE TINTORET. sans se montrer
Sa voix, comme un parfum, semble embaumer les airs..
Car la foule bruyante
En ses ébats A mon âme souffrante
Ne convient pas!...