LES JEUNES FILLES
Honneur ! Honneur au duc Orséolo !
En ce moment notre joie est complète : Chacun ici peut faire une conquête Et rencontrer un époux jeune et beau..
Honneur ! Honneur au duc Orséolo I
Merci de vos vivats, merci de vos fanfares,
Vous, artistes chéris, vous, seigneurs glorieux,
Et vous, peuple, pour qui les jours chômés sont rares ;
Je vous ai réunis, car mon cœur est joyeux !
C'est la fête aujourd'hui de ma pupille aimée :
Je veux y couronner des chefs-d'œuvre nouveaux.
De l'un de vous je veux sacrer la renommée
Et payer dignement le prix de ses travaux !...
Que chacun de , yous ^
Ces toiles qui font l'honneur
De notre chère Italie,
Et qu'on nomme le vainqueur !
A sa nièce le duc donne, Comme prix de ses vingt ans, La plus parfaite Madone...
Tous les cœurs sont haletants !
Le Duc, suivi du Titien et de Sébastiano del Piombo, s'approche de chacun des jeunes peintres et admire les esquisses faites pour servir de modèle à la Madone destinée à l'oratoire de Fauslina. Il arrive au Tintoret et lui voyant les mains vides, il demeure étonné.
ORSÉOLO, au Tintoret
Et toi, cher Robusti, dont l'astre à son aurore Est plus grand tous les jours,
Est-ce que ton crayon croit qu'il se déshonore En briguant le prix du concours?...
Où donc est ton esquisse ?...
LE TINTORET, à part
0 ciel ! sois-moi propice
Haut
Je n'ai pas fait d'esquisse.
Seigneur Orséolo !
Il se rapproche de l'oratoire.
TOUS Il n'a pas fait d'esquisse 1
LE TINTORET, écartant le voile qui recouvre la Madone Mais voici mon tableau!...
Etonnement général. — Tous, et au premier rang Véronèse, le félicitent.