C13 + H2Q = 8HC1 4- 2SQ
ONa.
OH
Dans le virage et fixage combinés, c’est donc vraisemblablement riiyposnlfite double d’or et de sodium qui agit comme sel d’or au minimum.
169. — L’alun, qu’il ait réagi ou non sur riiyposuKile, se comporte comme un suU’ale et donne avec l’acélate de plomb du sulfate de plomb. Celui-ci se dissout dans l’excès d’hyposulfite pour former de l’hyposulfite double de plomb et de sodium. S’il y a à la longue dégagement d’hydrogène sulfuré, comme cela a toujours lieu dans les préparations à froid, il se forme du sulfure de plomb et le bain perd l’activilé qu’il doit à la présence du plomb.
170. — L’alun semble sans action sensible sur le chlorure d’or. Quant à l’acélate de plomb, il peut fournir du chlorure de plomb, mais celui-ci est soluble dans l’excès d’iiyposulfite et forme de l’hyposulfite double de plomb et de sodium.
171. — Le bain de virage-fixage renferme donc vraisemblablement, en dissolution, les composés suivants : sulfate d^alumine, sulfate de sodium, chlorure de sodium, acétate d’alumine, acétate de potassium et de sodium, hyposulfite double de sodium et de plomb, hyposulfite double d’or et de sodium, hyposulfite double de sodium et de plomb, bisulfite de sodium, sulfure acide de sodium et pentathionate de sodium. C’est coquet.
Qu’arrive-t-il quand on met une image photographique sur papier au citrate d’argent en contact intime avec une telle solution?
V En présence de fhyposulfite de sodium, l’image change de couleur et se fixe.
2“ Sous l’influence de l’argent de l’image, l’hyposulfiie double d’or et de sodium se réduit et l’or se dépose sur fimage pendant qu’une quantité d’argent équivalente se dissout. La réaction, toute partielle, donne à l’image un ton rougeâtre.
3° Grâce à l’hyposulfite double de sodium et de plomb, le dépôt d’or ci-dessus signalé s’eflectue beaucoup plus rapidement et l’image change son ton rougeâtre contre un ton brun violacé.
4“ Si le virage-fixage a été préparé â froid, l’action de l’alun est limitée â sa propriélé tannante, ma s si l’alun et
VIUAGE A L’OR ET FIXAGE COMBINÉS.
l’iiyposulfite de sodium sout dissous daus l’eau bouillante, et qu’on abandonne lemélange à lui-mèmejusqu’au lendemain, il produit un virag’e très net. Donc l’alun, en réalité, renforce racLion du vira;^e.
172. — MM. Lumière frères et Scyewetz ont, d’autre part, porté leurs études sur l’altération des épreuves positives imprimées sur papier au clilorocilrale d’argent, virées et üxées en une seule opération, et sur la comparaison de la durée de conservation de ces épreuves avec des épreuves virées et fixées en deux opérations. Les résultats de ces études les ont amenés aux conclusions suivantes :
1° La cause principale de l’altération des épreuves au chlorocitrate d’argent est la présence de l’iiyposulfite de sodium incomplètement éliminé, mais l’altération de l’image ne se produit qu’en présence de l’humidité.
2° L’altération se produit dans les images virées à l’or, renfermant de l’byposulfite de sodium, môme si le virage a eu lieu en milieu neutre comme dans l’opération où le virage et le fixage sont séparés.
3° L’absence de toute trace d’iiyposulfite de sodium dans l’épreuve est une garantie de sa conservation dans l’air humide môme, si l’image ne renferme pas d’or et si elle est constituée par du sulfure d’argent, de l’argent seul ou de l’argent et du plomb.
L’aspect jaunâtre des épreuves altérées ne 'paraît donc pas dû à la présence du sulfure d’argent ou du plomb, mais peut-être à celle du soufre très divisé, provenant de la décomposition lente de l’hyposulfite de sodium.
173. — Les inconvénients des virages-fixages combinés ne sembleraient donc pas fondés, puisque même d’aui repart, les expériences de MAL Lumière frères et Seyewelz prouvent que des épreuves virées et fixées séparément s’altèrent tout aussi facilement que celles virées et fixées en une seule opération, et elles ont été incomplètement lavées et ex[)osées à l’air humide.
Le moyen d’éviter l’altération des épreuves virées et fixées simultanément est donc d’éliminer complètement l’byposulfite. La méthode des lavages rationnels ou même remploi du tliioxydant qui ont été indiqués nous donnent le moyen d’atteindre facilement à ce résultat
VIRAGES A DIVERS MÉTAUX
174. La clef de tous les virages à des métaux autres que l’or. — 175. Essais avec le chlorure de platine. — 176. Le premier bain utilisable. — 177. Un virage au pinceau. — 178. Premiers essais de chloroplatinite de potassium. — 179. Formules à insuccès. — 180. La règle absolue des virages au platine. — 181. Quels sont les sels de platine au minimum. — 182. De la qualité des acides. — 183. Les acides minéraux. — 184. Les acides organiques. — 185. Remplacement de l’acide par un sel acide. — 186. Combinaison d’un sel organique et d’un sel acide. — 187. Préparation du chloroplatinite de potassium. — 188. Utilisation du perchlorure de platine. — 189. Transformation du sel platinique en sel platineux. — 190. Action de la chaleur. — 19J . Action de la lumière. — 192. Les conditions nécessaires à un bon virage au platine. — 193. Virage à l’or et au platine. — 194. Virage au palladium. — 195. Virage à l’osmium. — 196. Virage à l’or et au mercure. — 197. Virages aux sels de fer et d’uranium. — 198. Papiers évitant l’emploi du virage. — 199. Fabrication d’un papier se virant lui-même. — 200. Fabrication d’un papier iso-vireur à l’émétique. — 201. D’un papier iso-vireur aux sels d’uranium. — 202. D’un papier iso-vireur aux sels de fer. — 203. Conseils complémentaires pour les papiers iso-vireurs.
174. — Depuis longtemps on a cherché à remplacer l’or, dans les bains de virage, par un autre métal. La recherche n’était pas tant pour faire acquérir à l’image plus de stabilité que pour lui communiquer une tonalité différente. Or, d’une façon générale, on cherche, en photographie, plus souvent par méthode empirique que par méthode scientifique. C’est pourquoi, par analogie avec les bains d’or usités, les recherches ont été orientées vers l’emploi des sels alcalins. Le succès ne s’est pas montré brillant. Tout autre il a été quand on a opéré avec des bains acides. Dans un rapport présenté en 1889 à l’Académie des sciences, M. P. Mercier a démontré que les virages, à des métaux autres que l’or, obéissaient, sans exception, à cette règle capitale et très simple : Le virage doit être acide et avoir pour base un sel métallique au minimum.
1° 11 semble que l’acidité soit nécessaire en ce qu’elle
VIHAGE A DIVERS MÉTAUX.
agit probablement par diminution de stabilité du composé devant être réduit par l’argent des images. Certes, l’alcalinité peut produire et produit le virage, mais alors avec une lenteur extrême. ,
2® Si le sel métallique est au maximum^ il transforme l’argent de l’image en chlorure sans qu’aucun dépôt métallique vienne remplacer l’argent transformé. La réaction peut s’exprimer par l’équation :
A g 4- PtCU = AgCl + PlCl
Donc l’image est rongée et disparaît rapidement.
Au contraire, le sel métallique est-il au minimum^ L’argent transformé se trouve immédiatement remplacé par un dépôt de platine. L’image varie de teinte en demeurant intacte. Ce qui correspond à l’équation :
Ag + KGllHGl = KGl + AgGl -f- Pt
C’est, au demeurant, la clef de tous les virages aux métaux autres que l’or.
175. — Le métal le plus étudié, et avec juste raison, parce qu’il donne les plus beaux tons, est le platine. En 1856, M. de Caranza le proposait déjà. 11 employait le chlorure de platine et l’acide chlorhydrique. Toutes les demiteintes étaient le plus souvent rongées. Je dis le plus souvent, car si par hasard l’opérateur employait des papiers contenant des citrates et des tartrates, il pouvait se faire, qu’à la longue, le bain devînt utilisable. Vers la même époque, Vogel indiqua le chlorure de platine potassique. En 1863, M. Swatz (de Berlin) conseilla un virage alcalin au chlorure platinique et à l’acétate de sodium, employé aussitôt après sa formation.
176. — Ce ne fut cependant qu’en 1887 que, sous la signature de M. G. Reynolds, parut le premier hain de \i~ rage au platine véritablement utilisable. La formule, un peu bien complexe, employait le perchlorure de platine, le borax, Tacide oxalique et l’acide formique. Avec le papier albuminé il fournissait de très beaux tons noirs.
177. — Eu 1888, M. Lyonel Clarke communiquait un procédé de virage que M. Willis, inventeur du papier au platine, devait re])i*en(lre quelque temps après pour le déve-
m LE TIRAGE DES ÉPREUVES EN PHOTOGRAPHIE.
lüppement à froid des images obtenues sur son [)apier. Ce procédé consistait à étendre, au pinceau, sur l’image à virer, une solution approximativement composée de :
Eau distillée 100 cm^.
Oxalate de potassium 12 gr.
Phosphate acide de potassium 6 gr.
Ghloroplatinite de potassium
178. — Peu de temps après, M. Lionel Clarke modifia son procédé, n’employant plus qu’une solution de cliloroplatinite de potassium acidifiée. Il faisait alors, à part, une solution de :
Eau distillée... 100 cm^.
Ghloroplatinite de potassium 7 gr.
et il composait son bain en employant :
Eau distillée 69 cm3.
Solution de Ghloroplatinite ci-dessus.... 4 —
Acide azotique I à III gouttes.
179. — Ün chimiste de Marseille, M. Gastine, essaya le bitrartrate de sodium et le chlorure de platine. M. Masse indiqua un virage-lixateur au chlorure de platine et à l’acétate de soude cristallisé. J’en ai donné les formules dans les premières éditions de mes ouvrages. Je les ai retirées depuis parce qu’on avait, avec elles, plus de mécomptes que de succès réels.
En somme, pour la bonne composition d’un bain de virage au platine, il faut arriver au mémoire de M. P. Mercier, cité plus haut, et aux différentes communications qu’il a faites depuis à ce su jet. Ce sont donc les études de M. P. Mercier que nous allons analyser.
180. — Rappelons-nous la règle citée plus haut, on ne saurait trop se la bien mettre dans la tête :
Tout virage au platine doit être acide et avoir pour base un sel au minimum.