‹ Le tireur de cartes, vaudeville en un acteChapitre 6 sur 19 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les Mêmes , MICHEL.

MICHEL, à moitié en dehc.s, à la canton nade.

Mais non, cent fois non, allez au diable! et ne Venez pas me troubler dans mon domicile.

(Il entre portant avec lui un tire-boUe pour les nieltrc el un pour les ôler , un carton de chapeau avec un paquet dedans , un p"til miroir el un vieux parapluie.)

CABANET.

Que vois-je^ Michel !

MICHEL

M. Cabanet.

LOQLIN,

Ah! il paraît qu'ils sont eu pays de connaissance... (Il sort.'

CABANET.

Comment, c'est toi !

MICHEL

Moi-même, jadis enipksyé. pour les courses, dans votre magasin de jouets d'enfants.

CAPANEP.

Et aujourd'hui, tireur de cartes.

MICHEL

Il n'y a qu'un instant encore que je ne me croyais pas sorcier, mais j'ai rencontré là. des gens qui m'ont donné le rh'^iv de leur dire leur bonne aventure , pour de l'argent . ou , de recevoir des coups de bàlon pour rien du tout...

Air : Ces poslillous sunt d'une luaUdreise

J'eus beau leur dire et crier comme quatre; Voui vous trompez je ne suis pas savant, .l'ai vu l'instant où l'on allait me battre . Pour me forcer à gagner de l'argent.

De la fortune, ô caprice étonnant!

Après avoir rebuté ma constance ;

Cette femelle aujourd'hui sans garder :

Aucun' pudeur, recourt à la violence.

Afin d'me posséder.

Permettez-moi de déposer mon mobilier... je n'ai pas trouvé de commis^ sionnaiic.

CABAN ET

Je suis enchanté de le rencontrer ici, parce que loi , lu comprends \c% •farces

MICHEL

Si je les comprends!... et même je les chéris... les bonnes s'entend , car je me rappelle (luclfjiics-uncs que vous m'avez faites au magasin, qui n'étaient pas du tout de cette qualité ; partout ailleurs je pourrais avoir de la rancune, mais ici, c'est différent, de quoi s'agit-il?

CABAN ET

Imagine-toi que dans ce moment j'ai un caprice pour une jeune et jolie fille qui fait la prude , la sévère...

MICHEL

De quoi ça se mêle!...

CABANET.

Elle m'a demandé si je voulais l'épouser.

MICHEL

Oh! que c'est bête!

CABANET.

Alors j'ai gémi de l'absence d'un père.

MICHEL

Et en attendant son retour, vous avez demandé à la voir soir et malin, à lui offrir votre bras pour la faire rouler sur les chemins de fer... connu.

CABANET.

Eh bien 1 mon cher , elle m'a refusé.

MICHEL

Pas possible!..

CABANET.

Elle ne veut plus me recevoir!

MICHEL

Voulez-vous que je vous dise ma façon de penser? je ne suis pas sorcier, mais c'est une coquette qui veut abuser de la passion qu'elle vous inspire.

CABANET.

Qui veut me mouler la tête pour me faire faire quelque sottise...

MICHEL

Pas autre chose... mais il faut être aussi rusé qu'elle.

CABANET.

C'est ce que je me suis dit.

MICHEL

Il faut employer les grands moyens.

CABANET.

C'est ce que je veux faire ,

MICHEL

Lui donner à entendre que si elle persiste dans son refus... vous vou;? asphyxierez, ce n'est pas neuf, mais, çà ne manque jamais son effel.

CABANET.

D'ailleurs, quand on y met un certain talent, ca étourdit toujours un peu.

MICHEL

Je crois ben,.. le cliarbon... pour peu qu'il y ait quelques fumerons, ça jette du doute dans l'esprit de la plus futée... elle ne sait plus si elle a affaire à une bonne pâte d liomnie, ou à un scélérat , et on en profile...

CABANET.

Aussi est-ce pour en profiter que je suis monté jusqu'ici, car ce qui me servira mieux que tout le reste, c'est la découverte que j'ai faite que la petite est un peu superstitieuse, elle est venue céans ce malin pour consulter le tireur de caries probablement au sujet de mon amour, et comme tu étais sorti elle reviendra aujourd'hui même; il faut doue que tu appelles à ton aide toutes les divinités infernales, que tu subjugues cette jeune fille, que tu la î;îsciues et que lu me présentes à ses yeux comme le mortel fortuné au(|uel doit être enchaînée sa destinée.

mi<:iii:l.

Mais encore une Ibis , je suis étranger à toute espèce de magie blanche ou tricolore, je ne suis pas plu? sorcier que mon portier.

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