B. — LIBER SECONDAIRE
Laticifères. — Les laticifères anastomosés sont nombreux dans le liber secondaire de la tige et de la racine des Liguliflores, des Campanulacées, Papayacées, de certaines Fumariacées, Papavéracées (Papaver, Chelidonium, ete.\; chez les Lobéliacées, Convolvulacées, Sapotacées, beaucoup de Bixacées, quelques Tubuliflores, etc.
Les Euphorbiacées, Asclépiadées, Apocynées, Morées, quelques Artocarpées possèdent des laticifères indéfiniment rameux, mais jamais anastomosés.
Canaux secréleurs. — Les canaux secréteurs se rencontrent fréquemment dans le liber secondaire de la racine et de la tige ;
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telles sont, par exemple, les Ombellifères, Araliacées, Cupressinées, Radiées, beaucoup de Tubuliflores, Clusiacées, Pittosporées, Hypéricacées. On trouve des canaux à gomme dans le liber straüifié de la tige de certaines Bixacées.
Cellules secrétrices.— Les cellules à essence isolées sont répandues dans le liber secondaire de la tige des Lauracées, Myristicacées, Pipéritées, Monimiacées, etc; dans les rayons médullaires libériens des Liquidambarées.
Ferments solubles dans le tissu eriblé. — On doit à Gurenano (1) l'étude précise de la localisation des ferments solubles dans les végétaux.
« La racine chez les Capparidées, Tropéolées et Résédacées renferme de nombreuses cellules à myrosine dans le parenchyme cortical et libérien secondaire ; chez les Linnanthées, où les formations secondaires font défaut, elle les a dans son parenchyme cortical primaire.
«Chez les Crucifères, c’est également dans le parenchyme libérien secondaire qu'on les rencontre presque exclusivement ; il n'y a guère que les racines charnues, comme celles du Raïfort et du Radis qui en possèdent dans le parenchyme ligneux.
« La tige, dans les quatre premières familles, peut avoir des cellules à myrosine, soit à la fois dans l'écorce primaire, le liber primaire et secondaire ou la moelle (Capparis); soit dans l'écorce primaire et le liber primaire ou secondaire (Cleome,Gynandropsis, Limnanthes, Tropæolum, Reseda).
«La tige des Crucifères ressemble surtout à celle des Cäpriers par la présence des cellules spéciales dans l'écorce primaire, le péricycle, le liber et la moelle ».
Dans la feuille, ces cellules existent dans le liber des faisceaux des nervures, quand ceux de la tige en renferment {Capparts. Limnanthes). On rencontre aussi des cellules à myrosine dans le parenchyme libérien secondaire de la racine des Papayacées.
En résumé, la répartition du tissu criblé peut fournir des caractères de haute valeur taxinomique (de famille, de tribu, de genre),
(1) L. Guignard. Localisation des principes actifs chez les Capparidées, Tropéolées, Limnanthées, Résédacées. Journal de Bot.,t. VIT, 1893, p. 457.— Id. chez les Papayacées. J. de Bot.,t. VIIT, 1894,
et les particularités de structure intime, présentent une importance variable pour les déterminations spécifiques. Ces derniers caractères joints à d’autres sont cependant de la plus grande utilité pour la systématique des familles.
Les mêmes observations s'étendent aux recherches concernant la Matière médicale, et s'appliquent à la détermination des racines, tiges et écorces médicinales : pour n'en citer qu'un seul exemple. ce sont les seuls caractères différentiels fournis par les éléments libériens qui permettent de tenter la diagnose si délicate de l'origine botanique de la plupart des écorces de Quinquina. L'étude du liber offre, comme on le voit, le plus grand intérêt pour les Pharmacologistes.
Ea terminant ce travail, je tiens à remercier MM. Masson, libraires, M.MoRoOT, directeur du Journ. de Bot., et M. SAUVAGEAU, professeur à Dijon, pour les différents clichés qu’ils ont mis à ma disposition. Parmi les 112 figures, réparties dans le texte, plus de 80 proviennent de mémoires originaux et sont dus à la plume de M. BonARD, dessinateur attaché au Laboratoire de Botanique de l'Ecole de Pharmacie ; je suis heureux de lui renouveler ici toute ma gratitude.Je neveux pas oublier, non plus, mon ami M. FRICK, pharmacien à Paris, dont la connaissance approfondie des langues étrangères m'a souvent rendu les plus grands services.