LA MONTAGNE
J'ai répondu par mes échos pleins de musiques ! Je t'avais entendu, Et, des cavernes prophétiques, Tous les esprits ont répondu !
CHOEUR Le chant du monde éclate en vaste symphonie
ORPHÉE
C'est l'hymne solennel ! Oh ! Je respire enfin.
Et je vois rayonner l'âme de mon génie:
C'est un aigle tout blanc, ses ailes sont d'airain!
LA TERRE
Orphée, es-tu content ? — Je regorge de sève
Et de vivantes fleurs vont chanter dans la nuit.
Je ne sais quelle joie immense me soulève.
Je ne t'avais jamais compris comme aujourd'hui.
Les monts les plus altiers se penchent vers la plaine. Des courants enlacés s'égarent dans les bois. Les faunes attentifs répriment leur haleine, Et, leur flûte auprès d'eux, ils écoutent des voix.
ORPHÉE 0 soir dont la grandeur exalte et désespère !
Mon cœur, que ne peux-tu t'échapperde mon corps,
Te transformer en onde et rajeunir la terre
Et revenir en moi, pourt'évader encor ?
Tu me révélerais les secrets qui reposent
Dans la couleur muette et la forme des fleurs,
Je saurais mieux, ainsi, ce qu'il faut dire aux choses
Lorsque je surprendrai, dans la brise, des pleurs.
Aigle aux ailes d'airain, aigle blanc qui présides A l'adoration de l'univers heureux, Mon chant ! sois mon étoile et que tes sons me guident Gomme des feux !
La lune est au zénith. Une symphonie parcourt le monde. Dans les forêts et les plaines rôdent des apparitions. Les fleurs nocturnes s'éveillent ainsi qu'Endymion, Hyacinthe, Adonis, Narcisse, Echo etc.