LES MÊMES, ORPHÉE, EURYDICE, APOLLON, LES BACCHANTES
EURYDICE 0 monde visité par nos dieux les plus doux, Berceaux de mille fleurs, je m'avance vers vous ! Le lait de vos parfums a nourri mon enfance ! Sources des bois, flots des étangs, vagues des mers Et vous, magiciens des instants de silence, Oiseaux, sachez aussi les maux que j'ai soufferts !
Nature, je reviens souriante et parée
Des lys noirs que le Styx a posés sur mon front !
Adoucissez pour moi votre voix adorée
O chers échos surpris d'entendre encor mon nom !
La tristesse n'a pas charmé ma solitude,
Et, près des vastes eaux qui roulaient à mes pieds,
J'attendais le Soleil dans la môme attitude...
Et les songes de l'ombre, en passant, m'oubliaient !
ORPHÉE
Ce fut grâce aux Titans que ton âme apaisée N'eut pas à redouter les destins en courroux ! Le monde a retrouvé l'harmonie imposée : Apollon et Pallas habitent parmi nous!
L'astre de leur sagesse éclairera la terre ! Les éclats de mon sang ont fécondé le sol. Et ma voix qui domptait l'orage et le tonnerre S'unira, désormais, au chant du rossignol.
Nous ne connaîtrons plus les âges d'épouvantes. Au centre du Soleil, sous un rocher de feu, J'ai déposé le luth dont les cordes ardentes Résonnèrent, souvent, pour menacer le Dieu !