‹ Le TitanChapitre 42 sur 44 · PALLAS · texte numérisé non relu

PALLAS

Ruissellement du feu qui s'éteint sur la mer,

Et qui scintille, aux creux désolés des montagnes !

HYPÉRION

O rayons débordant du cratère de l'air

Et qui transfigurez les blés dans les campagnes !

O magnifique élan des ailes des oiseaux !

SPES

Murmures et fraîcheur du vent sur les prairies Que coupent des sillons de fleurs et des ruisseaux !

ROBUR 0 rochers incrustés d'or et de pierreries!...

DOLOR

Hymne des bois obscurs, intenses harmonies, Noble accompagnement de la clameur des flots, J'entends flotter sur vous les pures mélodies Que la brise et l'aurore inspirent aux roseaux !

SPES Dans les champs nuancés de vert les alouettes Vont chercher les rayons pour compagnons de jeux !

HYPÉRION Sortant des flots, sur l'air matinal, les mouettes Montent, dansla splendeur degrands mouvements bleus l

TYPHON En entendant le vent se briser dans les chênes Et largement gémir dans les rameaux de pins, Je comprends d'où sortaient les rumeurs souveraines Qui venaient effrayer mes antres souterrains !...

PALLAS En entendant les bruits tonitruants des vagues, De rochers, en rochers déserts, répercutés, Je comprends d'où sortaient les gémissements vagues Dont les murs de mon gouffre horrible étaient heurtés !

ENCELADE

En voyant la clarté rayonner sur la terre Et poser son diadème, autour de l'horizon, Je comprends d'où sortait la blafarde lumière Qui, souvent, par éclairs, bleuissait ma prison !

TYPHON 0 dieux, de ces splendeurs vous avez fait des ombres

ENCELADE Des antres où songeaient les esprits, des décombres !

DOLOR Du feu qui resplendit et fait vivre, un tourment!

HYPÉRION Et des voix de la terre un long ricanement Dont le timbre criard, à mes oreilles, vibre!

DOLOR 0 Dieux, qu'avez-vous fait...

ORPHÉE

Chantez la terre libre !

Plus de haines ! Le Dieu que nos cœurs attendaient Nous contemple et sourit dans les clartés fécondes ! El je célébrerai l'origine des mondes Sur ma lyre où, jadis, mes colères grondaient.

SPES

Aux fontaines des bois, j'allais remplir une urne Pour goûter la fraîcheur de l'eau qui m'attirait, Lorsque j'ai découvert le tombeau de Saturne, Dans une grotte sombre, au seuil de la forêt !

Au crépuscule, à l'heure où tombent les ténèbres, On entendra monter, pour la dernière fois, Le grandiose et large éclat des chants funèbres Que nous entonnerons en l'honneur du Dieu Roi.

Un jeune homme et une jeune fille s'arrêtent au milieu de la campagne, regardent le monde, écoutent les chants de sa joie, puis leurs lèvres s'unissent.

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