‹ Le tombeau de Louis MénardChapitre 24 sur 54 · LETTRE DE M. JULES CLARETIE · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. JULES CLARETIE

Vous avez raison, Monsieur, d'élever ce Tombeau à Louis Ménard. Ce fut un grand poète et c'était une grande âme. Ce sage, comme vous l'appelez, avait été un militant aux heures tragiques. Il cherchait à sa pensée un refuge dans l'idéal pur ; — dans la solitude. — Mais avant d'être le contemplateur résigné, il avait montré que le poète est ou doit être un citoyen et un soldat. Apaisé, dominant les mêlées, Louis Ménard avait, lui aussi, sa tour d'ivoire, ou comme Leconte de Lisle son palais de marbre fermé au vulgaire. Ceux qui l'y trouvaient avaient la sensation de rencontrer là une façon de prêtre du Beau, très vieux, très bon, très simple. Et ils le saluaient. Pas assez bas, car ces êtres d'élection et de perfection sont rares.

Il semble que Louis ]\Iénard soit un homme d'un autre temps. C'est bien pourquoi il est surtout un homme de l'avenir. Oui, peut-être ce sage, à demi-ignoré, survivra-t-il à bien

des renommées bruyantes. Il faut bien que les modestes aient leurs revanches.

Croyez, [Monsieur, je vous prie à mes sincères sentiments.

Jules Claretie.

LETTRE de M. E. MELCHIOR DE VOGUE (i)

Monsieur,

Je ne connais pas assez l'œuvre de Louis Ménard pour en parler. Je sais qu'il fut un poète de grand mérite. Je le sais surtout par le témoignage de mon ami Albert Sorel qui le tenait en haute estime. M. Sorel est aujourd'hui, à mon sens, le meilleur juge de la poésie française : je souscris d'avance, et complètement, à tout ce qu'il pourra dire sur Louis Ménard.

Recevez, Monsieur, mes sentiments distingués.

E. M. DE Vogué.

(i) Ce billet de M. de Vogué est comme une préface à la lettre de son confrère, M, Albert Sorel.

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