LETTRE DE M. HUYSMANS
Monsieur,
Je suis dans l'impossibilité absolue de répondre au désir que vous avez bien voulu m 'exprimer en vous envoyant une étude sur Louis Ménard et son œuvre.
Je ne me rappelle pas avoir jamais Vu l'écrivain et son œuvre m'est peu familière, encore que le souvenir me reste de certains
sonnets, tels que celui de la Thébdide (i) et
(l) THÉBAIDE
Quand notre dernier rêve est à jamais parti 11 est une heure dure à traverser : c'est l'heure Où ceux pour qui la vie est mauvaise ont senti Qu'il faut bien qu'à son tour chaque illusion meure.
Ils se disent alors que la part la meilleure Est celle de l'ascète au cœur anéanti; Ils cherchent au désert la paix intérieure.
Mais cette fois encor l'espérance a menti.
Tai voulu vivre ainsi. Fans amour et sans haine, Et j'ai fermé mon âme au désir qui n'amène Que le regret, souvent le remord, après lui.
Mais je ne trouve, au lieu de la béatitude, Au lieu du ciel rêvé dans Pâpre solitude, Que la morne impuissance et l'incurable ennui-
de V Initiation (2) qui témoignent, en effet, d'un esprit curieux et d'un bon poète.
Mais je n'en sais pas davantage ; je n'ai point ses œuvres ici ; je ne puis donc vous en dire plus.
Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur, 1 assurance de mes meilleurs sentiments.