‹ Le Ton de Paris, ou, Les amans de bonne compagnieChapitre 15 sur 44 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

C'est sans doute par méprise que l'on a donné le titre de Comédie à la pièce que nous plaçons au commencement de ce volume-ci. Elle n'offre point du tout les traits essentiels qui caractérisent cette sorte d'ouvrage. C'est pourquoi nous prévenons le lecteur qu'il seroit trompé dans son attente, s'il y cherchoit une intrigue et un dénouement qui font d'ordinaire l'objet de son attention, quand il s'agit de Pièces de Théâtre. Celle qui suit ne doit être considérée que comme un enchaînement de scènes parfaitement dialoguées et liées les unes aux autres avec beaucoup de facilité. Le style en est naturel , pur et coulant ; on 3^ reconnoît aisément le langage des personnes de la Cour de France.

On ne sera donc point étonné, lorsque nous dirons qu'elle est sortie de la plume d'un grand seigneur, aussi distingué par son rang que par les qualités aimables qu'il ' possédoit. C'est M. le Duc de Biron, plus connu sous le nom de Duc de Lauzun, qui en est l'auteur.

A son retour d'Amérique, et pendant son séjour à Londres en 1787, il assistoit souvent et toujours avec un nouveau plaisir aux lectures de M. le Texier, Ce fut alors que voulant lui donner une marque d'estime toute particulière, il lui fit présent de cette pièce. « Acceptez-la », lui dit-il, « mais ne la faites pas imprimer pendant ma vie ».

Le succès étonnant qu'elle obtint à la lecture, nous l'a fait classer parmi les pièces qui dévoient composer notre recueil : mais nous avons encore été mus par un autre motif non moins puissant ; c'est que nous la regardons comme un monument qui doit dater dans l'histoire des mœurs : elle présente le tableau fidèle de scènes qui se passoient tous les jours à Paris, à l'époque à jamais mémorable où un trône, qui subsistoit depuis quatorze siècles, a été tout à coup renversé par des mains régicides et sacrilèges, encore fumantes du sang d'un clergé sans défense, et de la noblesse désarmée.

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