‹ Le Ton de Paris, ou, Les amans de bonne compagnieChapitre 21 sur 44 · SCÈNE V M. de Marsal, Emilie, Dubois · texte numérisé non relu

SCÈNE V M. de Marsal, Emilie, Dubois

M. DE Marsal (embrassant Emilie).

Bonjour ma chère Emilie, je suis ravi de vous voir. Je suis venu ici dix fois, sans trouver la Vicomtesse. Nous avons heureusement soupe ensemble hier au Palais-Royal, et elle m'a dit de venir ce matin. Son Suisse m'a dit qu'elle n'étoit pas éveillée, ni vous non plus, et sans La Fleur, je ne vous aurois vues, ni l'une

ni l'autre.

Emilie.

Je sais bon gré à La Fleur de son intelligence, M. le Comte. Il est vrai que Madame la Vicomtesse n'est pas éveillée; je ne compte entrer chez elle qu'après dîner, car elle ne se porte pas bien ; elle a des maux de nerfs affreux. Vous feriez bien, je crois, de venir ce soir, il n'y a pas d'apparence qu'elle sorte.

M. DE Marsal.

A la bonne heure; en ce cas, je vous en prie, donnez-moi de quoi écrire

un mot.

Emilie .

Voilà tout ce qu'il vous faut pour écrire. La santé de M. le Comte me paroît

excellente ; il a fait un bon voyage, quoique bien long ?

M. DE Marsal (écrivant).

Je vous suis bien obligé. Je me porte fort bien, et j'ai tout lieu d'être content

de mon voyage.

Emilie (à part).

Il n'y a que le retour de trop. (Le Comte continue à écrire). — (A Dubois). S'il en écrit si long, elle ne lira pas tout.

^L DE Marsal.

Vous voudrez bien, ma chère Emilie, lui remettre ce billet à son réveil.

Emilie.

Je n'y manquerai pas, M, le Comte.

Page 1