‹ Le Ton de Paris, ou, Les amans de bonne compagnieChapitre 31 sur 44 · SCENE PREMIERE Mirville, Campana, le Major Weyrarnch · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE Mirville, Campana, le Major Weyrarnch

Mm VILLE.

Eh bien ! mon cher Monsieur Campana, vous ne finissez rien, et moi, je pars demain. Je veux absolument avoir mon portrait comme il est.

Campana.

Si Monsieur le Marquis se vouloit donner la peine d'attendre une demi-heure, il l'aura tout prêt, et j'espère que cet ouvrage me fera des amis.

Le Major.

Vous êtes bien heureux, Monsieur Campana, vous avez là un joli talent :

c'est agréable de gagner de l'argent dans son amusement. J'ai toujours été

beaucoup partial pour la peinture. J'ai dessiné aussi dans les fortifications, mais

jamais bien ressemblant.

Mie VILLE.

Avez-vous beaucoup de portraits commencés, M. Campana ?

Campana.

Je vous assure, que trop, Monsieur le Marquis ; que je me fais tous les jours

des ruptures avec des Dames.

Mirville.

Montrez-nous donc quelque chose.

Campana (montrant des portraits couuiiencés.)

Connoissez-vous celle-ci? Elle viendra bien.

Mirville.

Non, c'est beau, mais je n'aime pas cette figure-là. Qui est-ce ?

Campana.

C'est une femme d'un président, M. d'Ormecourt. Hn voilà un joli.

Mirville.

Ma foi, oui, charmant ! ... je ne connois pas cela.

Campana (riant).

C'est une petite fille de mon pays, de Napolitana.

Le Major. Par Dieu ! elle a un regard bien lubrique.

Mirville.

Ah ! je connois cela, c'est Madame de Kell.

Campana.

Justement, une dame bien élégante de Strasbourg.

LE TON DK PAniS OU LKS AMANS DE lîONNK COMPAGNIE 19

Le Major.

Dès que j'ai jeté le premier coup d'œil, je l'ai reconnue. Il est parlant. Mon colonel, est-ce que votre cœur n'a pas dit un pauvre petit mot ?

Mm VILLE.

Taisez-vous, Major, vous êtes un étourdi.

Le Major.

Oh ! n'ayez pas peur ... je sais ... je ne dirai rien.

MiRVILLE.

Avançons-nous ?

Camp AN A.

Un petit quart d'heure, je finis l'habillement.

Page 1