SCENE IX
COLIN, FANCHETTE
T FANCHETTE, d'un air piqué.
i L ne viendra pas. S'il favoit que je l'attends ; mais il ne peut
pas deviner ; comment lui faire favoir ? Où e(t~il ?
COLIN, tétant approche doucement a côté d'elle. Me voilà.
FANCHETTE, avec joie.
Ah ! jet'attendois avec impatience. As- tu vu ton oncle?
COLIN, avec "vivacité.
Il va venir : où eft allé maître Martin ?
FANCHETTE, avec vivacité.
Dans fa chambre faire un mémoire.
Bon, nous aurons le temps de caufer enfemble ; car j'ai bien des chofes à te dire.
F ANC HETTE.
Et moi bien du plaifir à te voir.
COLIN
Mais ne nous entendra-t-il pas ? car les jaloux ont l'oreille fine.
FANCHETTE
Non , non ; tu fais que fa chambre eit trop éloignée ; & quand il viendroit , il marche trop pefamment,ie bruit nous préviendroit. As-tu dîné ?
COLIN
Bon, j'avoisbien autre chofe à penfer.
FANCHETTE
Tiens, voilà un gâteau &r une bouteille de vin dont Magdelein*e m'a fait préfent; faifons-en notre petit goûter. C O L I N.
A merveille. ( // chante. ) Et y allons gai , &c FANCHETTE, lui mettant la main fur la bouche. Tais-toi donc , tu chantes toujours.
COLIN
C'e(t que je fuis de bonne humeur quand je fuis aupres de toi. (UVtmbrdJft. )
lo LE TONNELIER,
FANCHETTE,/* défendant.
Eh ! mais ; eh ! mais... finiras-tu donc ?... Colin , ne badine pas comme cela , ou bien je me fâcherai.
COLIN, d'un ton grivois.
Bon , bon } il n'y a pas grand mal , il faut s'égayer. DUO.
COLIN. FANCHETTE
Tu vois ton ferin dans fa Mais fi quelqu'un ouvre fa cage, cage,
S'il eft ardent , vif & joyeux, Adieu plaifirs , jeux & ra- C'eft qu'il fait que fon badi- mage ,
nage, Comme un éclair il partira,
Ses carefles , fon ramage , Et fa compagne gémira.
Enchante l'objet de fes feux. L'oifeau ne fera qu'un vo- L'oifeau ne fera point vo- lage ,
lagej Comme un éclair il partira*
Non, non, ma chère il ref- Le perfide s'envolera, tera ;
Non , non , ma chère , il reftera.
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