F A N C H E T TE
AlR'. Nous fummes Précepteurs d'amour.
Tu parles toujours en Soldat.
COLIN
C'eft que nous avons du fervice.
N'ai-je pas foutenu l'Etat ' Pendant trois ans dans la milice î FANCHETTE.
Et l'on t'a réformé cependant.
COLIN
C*eft qu'on avoit peur que je devins trop grand.
FANCHETTE
Prend garde qu'on ne te donne encore ton congé,
COLIN
Qu'appelles-tu mon congé.
FANCHETTE
Not' Maître ne cherche qu'une ocofion pour te renvoyer. Ne t'apperçois-tu pas , depuis quelque-temps , qu'il eft toujours grondeur , quand il te parle de mauvaife humeur l C O L 1 N.
Je ne l'ai jamais vu trop agréable.
FANCHETTE
Hier il étoit fous la treille , & je Pépiois fans qu'il me vît ; il étoit agité , frappoit du pied. Ce coquin de Colin me déplaît, difoit-il , c'eft un pareffeux , un railleur , il me débauche Fanchette , il faut que je le chaiîe, COLIN.
Comment tu crois qu'il eft amoureux de toi à fon çge ?
FANCHETTE
J'en fuis fure,
Quelles preuves en as- tu )
FANCHETTE
Beaucoup.
Air.
C'eft un propos , c'eft un regard, Que je remarque par hafard > Mais malgré Tes tendres difcours, Quand il foupire, 11 me fait rire De Tes amours.
Si je cours , il elt le premier A s'empreffer pour m'égayer ; ^ ; Mais l'ardeur lui manque foudain, Et fon courage, Glacé par l'âge , Reite en chemin.
Lorfque j'efïaie une chanfon , S'il veut entrer à TunifTon , Notre duo prouve d'abord Que la vieillerie Et la jeunefTe vont mal d'accord.
COLIN
Comment ! ce vieux reître ofe venir en maraude fur un terrein que je conferve ? Mille yeux ! Par la trente mille hallebardes, je veux....
FANCHETTE, l'arrêtant.
Que veux-tu faire ?
M A RT IN, dans la coulijfe.
Oui , oui, j'irai.,..
COLIN, prêtant V oreille & prenant fes outils. Me mettre à l'ouvrage.
FANCHETTE
Tu as raifon, voilà notre Maître j travaille, Colin, travaille, & s'il te gronde ne réponds rien, entens-tu, mon ami? Va , ne crains-rien , laifle-moi faire. <C- s fc — t-ig=- v »