‹ Le tonnelierChapitre 8 sur 24 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

COLIN, FANCHETTE

f> FANCHETTE.

^-* Olin 3 Colin , e(t-il parti ?

COLIN

Oui , viens , viens.

FANCHETTE.^ Tiens, comme nous allons demain à la fête , prends ce ruban dont une Dame de la Ville m'a fait préfent l'autre jour. Je l'ai reçu à ton intention , mon ami , pares-t en à la mienne.

COLIN, d'un ton de jaloufie.

ElKîl bien vrai que ce foie d'une Dame.

FANCHETTE, vivement.

Oh ! pour cela , oui , je t'affure. C'eft de cette Dame à qui je vais fouvent porter des fruits.

COLIN

Ecoute, Fanchette.

FANCHETTE

"' Quoi! qu'eit-ce? Eft-ce que tu aurois déjà de la jaloufie l COLIN.

Oh que nenni! ça te feront venir l'idée d'm'en donner.

Àh ça, Colin , pendant que nous Tommes feuls , dis-moi : comment ferons-nous pour npus marier î| >C O L I N.

Fh pardi i comme les autres. Qu'eft-ce qu'il y a donc-là de fi difficile ?

FANCHETTE

C'eft que not' Maître n'y confentira jamais.

COLIN

Ah ! faudra bien qu'il y confente : après tout, eft il ton père ? Eit-il ta mère ?

Non : mais depuis que je les' ai perdus, c'eft lui qui m'éleve > & je n'aurois jamais la force de réfifter à fa, volonté. COLIN.

Ah ! je lui parlerai moi , lauTe faire. -,

FAN CHETT E.

Tu n'es pas afiez raifonnablgj tu çâterois tout.

COLIN

Aimes-tu mieux Pépoufer? '

....FANC'HETT E.

Nenni , vraiment.

OPÉRA-BOUFFON.. u

COLIN

Eh bien ! dame , arrange donc ça , tu dis qu'il veut de toi pour fa femme, qu'il ne voudra pas que tu fois ia mienne ; tu voudrois bien m'époufer , &. tu ferois fâchée de le mécontenter. FANCHETTE.'

Je voudrois que tu imaginantes quelque moyen de le déterminer, fans que ça vint tout-à fait de nous. COL I N.

Attends ; par ma foi , tu me fais fonget à une chofe qui peu* nous fervir.

FANCHETTE

Qu'eft-ce que c'eft , voyons /

COLIN

Maître Martin doit cent écus à mon oncle Gervais îe meunier; tu fais qu'il eft dans nos intérêts, laide faire... faudra que le Bourgeois nous marie , ou...

FANCHETTE

Eh bien ?

COLI N.

Eh bien ! IailTe-moi... je ne t'en dis pas davantage,

FANCHETTE

Et moi, la première fois qu'il me défendra de te parler , je lui dirai tout ce que je penfe.

COLIN

Je fuis d'avis d'aller chez mon oncîe.

F AN CHETTE

Non, il fera affeztô: quand ta journée fera faite ; je m'en vais bien vite , de peur que not' Maître ne revienne & ne nous trouve enfemb'e. Adieu , mon ami Colin. COLIN.

Adieu , Fanchette; biffe-moi donc baifer ta main.

Tantôt, tantôt; fonge à ton. ouvrage.

Ho! qu'elle eft gentille! tatigué! je ne mefenspas d'aîfe.

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