ACTE III, SCKNE VIH
VERSANNE5
Tu m'attendais ?
VALENTINE
Ah ! oui, je t'attendais. . . avec quelle anxiété !
VERS.\NNES
En venant, j'ai rencontré Tabbé Bloquin qui redescendait... Il s'est à peine arrêté pour nie parler, il avait un air à la fois gêné et réprobateur... à ce point que je me suis demandé s'il savait quelque chose.
Il sait.
Il sait ?
VALENTINE
A^RSANNES
VALEXTINE
Oui... je le lui ai dit... Ah! que veux-tu ? Il faut se mettre un peu à ma place : voilà cinq nuits que je ne dors pas... nuit et jour je retourne dans ma tête brûlante la même obsédante pensée et seule, toujours seule, n'ayant personne à qui me confier, car je ne peux te voir comme je voudrais, n'est-ce pas ? Alors
IjH LE TORRKNT
ce matin, à bout d'angoisses et de forces, je suis allée trouver ce prêtre... je n'ai pas réfléchi, tu comprends, je suis allée le trouver, comme j'aurais trempé dans Teau mes mains de fièvre... Cest la même chose... ce que j'espérais, je ne saurais le dire... Je venais entendre des paroles apaisantes, consolatrices...
VER SAN NE s
Ah! ne t'excuse pas... Je comprends si bien, ma pauvre adorée. Enfin, que t'a-t-il dit ?
VALENTINK
Il m'a dit qu'il ne fallait* plus te revoir.
VERSAXNES
Naturellement... Mais alors, qu'est-ce que tu feras ? Tu redeviendras la femme de ton mari ? Ah ! ces gens-là ont vraiment une singulière morale !
VALENTIXE
Moi aussi, j*ai été indignée, je lui ai crié : « Vous me conseillez une infamie ! » Mais il disait ce qu'il devait dire, après tout... et il a peut-être raison.