ACTE IV, SCÈNE IV
mes enfants, car les torts que j'ai envers toi ne m'empêchent pas d'avoir été pour eux la mère la plus tendre et la plus dévouée. Tu ne peux pas dire le contraire ; tout le monde le reconnaît. Je ne m'en vante pas, c'est tout naturel; mais je suis bien obligée de me défendre, n'est-ce pas ? Et ce que je fais, ce que je fais en ce moment, n'est-ce pas une preuve de l'affection passionnée que je leur ai vouée? Je ne peux pas me séparer d'eux, non, ça, je ne le peux pas. D'ailleurs, dans leur intérêt même, ils ont encore besoin de moi : il faut que je reste auprès d'eux.
LAMBERT
J'y serai, moi, et ça suffit.
VALENTINE
Hélas ! tes soins et ceux que pourront leur donner des domestiques même dévoués ne remplaceront jamais les miens, tu le sais bien. Voyons, je t'en supplie à genoux, je suis à tes pieds, je te demande pardon, je m'humilie.
Mais non, c'est inutile, la solution que tu me proposes est inacceptable, c'est absurde.
VALENTIXE
Voyons, écoute-moi, écoute-moi : tu ne souffres pas dans ton amour, c'est ton orgueil seul qui est atteint.