ACTE IV, SCÈNE VI
Ion, puis s^installe à l'autre bout de la pièce, à une table. U commence une première lettre qu'il déchire, puis il en écrit une autre, et quand il paraît bien absorbé dans cette besogne, les enfants s'enhardissent à parler tout bas.)
PIERRE
Où qu'elle est, maman.
MARIE
Je ne sais pas .
PIERRE
Quand est-ce qu elle reviendra ?
MARIE
Je ne sais pas.
PIERRE
Si nous allions la retrouver ?
MARIE
Nous ne savons pas où elle est.
PIERRE
C'est vrai.
LAMBERT, levant la tgte.
Chut I Parlez plus bas !
MARIE
Papa est méchant... c'est lui qui fait pleurer
maman, c'est lui qui Vsl renvoyée. Je le déteste, je ne veux plus qu'il m'embrasse.
PIERRE
Moi non plus.
MARIE
Tu dis ça et puis tu te laisseras faire, tu es moins entêté que moi d'abord, parce que je suis une fille. Moi, je ne. me laisserai pas embrasser.
PIERRE
Oui, mais moi, quand je serai grand, j'aurai un fusil et je défendrai maman.
MARIE
En attendant, tu ne sais pas ce qu'on va faire ?
PIERRE
Non.
MARIE
On n'apprendra plus ses leçons ; on ne fera plus ses devoirs, on désobéira tout le temps... on sera insupportables.
PIERRE
Oui, oui, c'est ça.