‹ Le torrentChapitre 18 sur 176 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

CHARLOTTE

Alors de quoi vous plaignez-vous ?

HUBERT

Voilà cinq années que je vous aime.

CHARLOTTE

H ne fallait pas m'aimer.

HUBERT

Mettez-vous à ma place : c'était fatal. Vous nous avez apporté dans ce qu'elles ont de plus subtil et de raffiné, la grâce et l'élégance de Paris. Là-bas vous brilliez déjà entre toutes, vous étiez une petite reine... mais ici vous êtes une jeune déesse. Est-il surprenant qu'un pauvre gentilhomme de province ait été ébloui par votre éclat? Mais vous vous plaisez à me faire souffirir, vous jouez avec moi comme le chat avec la souris. Prenez garde... On désespère alors qu'on espère toujours.

CHARLOTTE

Épousez Dorothée. Le bonheur est là.

HUBERT

Pourquoi me dites-vous ça ?

CHARLOTTE

Pour vous désespérer.

HUBERT

Ne parlez pas si haut. Il me semble que Julien nous observe et qu'il se doute de quelque chose.

CHARLOTTE

Mon mari ? Non, il ne se doute pas, il sait; je Tai prévenu.

HUBERT

Vous l'avez prévenu ? Qiielle femme êtesvous donc ?

CHARLOTTE

La sienne. Mais il faut que je revienne auprès de Valentine qui est toute seule.

HUBERT, )a suivant.

Je ne vous ai pas dit la millième partie de ce que j'avais à vous dire... C'est tout le temps comme ça. Voilà cinq années que ça dure.

Page 1