‹ Le torrentChapitre 42 sur 176 · ACTE I, SCENE XII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE XII

résignée et mélancolique et dans laquelle il y a un peu de veuvage.

VERSANNES

Il y a tant de femmes qui, le lendemain même du mariage, sont veuves du mari qu*elles s'étaient imaginé.

SAINT-PHOIN

Est-ce que Lambert ne la rend pas heureuse ?

VERSANNES

Je n'en sais rien... Ça n'est pas un homme qui puisse la comprendre.

C'est vrai, il est insignifiant.

MORINS

Ah! non, il n*est pas insignifiant, par exemple. Vous ne l'avez donc pas écouté ? Il est très beau et comment ne pas le détester ? C'est un type, c'est une résultante, c'est rarrière-peiit-fruit de la grande Révolution, avec toute la faiblesse de l'esprit fort et tout

le jésuitisme du libre-penseur; c'est le parvenu diplômé et le lampion de la liberté autoritaire, de l'égalité ambitieuse et de la fraternité égoïste... c'est le bourgeois !

SAINT-PHOIN

.Comme vous l'arrangez ! il ne va plus en rester?

MORINS

Il en restera toujours assez.

VCRSANNES

Un trait qui le dépeint admirablement, c'est qu'il ne s'est marié que pour avoir un fils, tant il craignait que son nom, le nom de Lambert, s'éteignît, et que la papeterie tombât en quenouille. Il a eu d'abord une fille, ce dont il témoigna un vif mécontentement et il n'eut de cesse que sa femme lui donnât un fils. Depuis, il ne désire plus rien, il est heureux.

MORIXS

Évidemment, ce n'était pas du tout le mari qu'il fallait à cette femme qui m'a paru très

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