ACTE I, SCEXE II
CHARLOTTE
Prenez-vous du café. Monsieur le curé ?
L'ABBÉ BLOQUIN
Volontiers.
(Saint-Phoin lui présente le sucrier, il essaye de prendre du sucre avec la pince.)
CHARLOTTE
Prenez donc avec vos doigts, Monsieur le curé.
L'ABBÉ BLOQUIN
Vous croyez?
CHARLOITE
J'en suis sûre.
L'ABBÉ BLOQUIN
C'est la pince du père Adam.
(Il rît, peut-être avec un peu de lourdeur, de cette plaisanterie facile, mais tout cela constitue un petit manège plein de bonhomie.)
CHARLOTTE, se dirigeant vers Morins.
Monsieur Morins, prenez-vous du café ?
MORINS
S'il VOUS plaît, Madame* (A Saint-Phoin.) Non, pas de sucre, quoique vous soyez très bien pour faire le service ; c'est pour cela que vous avez mis votre smoking ?
VERSANNES
C'est même assez ridicule de s'habiller pour diner ici, nous sommes à la campagne et sans cérémonie... je te l'ai dit cent fois.
MORINS
Depuis que je connais Saint-Phoin, je ne l'ai jamais vu dîner qu'en habit ou en smoking, en quelque endroit qu'il se trouve.
CHARLOTTE
C'est très anglais... il a raison.
MORINS
Je l'ai vu garder la chambre, pendant une semaine, avec une fièvre maligne et, tous les soirs, il passait son habit pour prendre un cachet de sulfate de quinine.