‹ Le tour de faction, drame-vaudeville en un acte. Par MM. A Dennery et Eugène Grangé. Représenté pour la première fois sur le théatre des Variétés, le 20 juillet 1837Chapitre 21 sur 36 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

PIERRE ; puis PICARD.

PIERRE , seul ; il saisit le mouchoir et l'embrasse. Oui, mille millions de carlouches... je la sauverai... quand je devrais me faire fusiller comme un chien !... Ah ! voici Picard , attention !...

PICARD

Eh bien! Laramée, lu ne viens pas prendre ma place?...

PIERRE

Non ; la drogue m'est inférieure pour le moment actuel , mou esprit voyage ailleurs.

SCENK X. 29

nCAKD.

A quoi penses-tu donc?

PIEKRE.

Écoule, Picard... lu sais que je l'ai cédé ma faction !...

Sans donlc, et c'est un service d'anii , un service que je n'oublierai jamais!

pu:uitE , lui donnant la main.

Y a pas de quoi , mon vieux...

PICARD

Si fait, si?...

PIERRE

ÎN'on , non...

PICARD

niais je t'assure...

PIERRE

Eh !... je le dis que non, puisque... puisfjue je le le reprends.

PICARD

Hein?tudis?...

PIERRE

Je le dis que je le le reprends.

PICARD

C'est impossible!... mais pourquoi? pourquoi?... PIERRE , avec énergie.

Parce que je veux faire ma faction... parce que c'est un devoir sacré que je doisremplir, que je remplirai , fùl-ce au prix de ma vie... {Avec ironie.) Qu'est-ce que l'as à dire à ça?

Je dis alors que ton seul but est de me rendre la risée des camarades, et que je le ne souffrirai pas.

PIERRK.

Âh bah !

PICARD

Je dis que ce que tu fais là est indigne d'un soldat.

PIERUE.

Ah! assez... assez, blanc-bec!...

PICAUD

Indigne d'un bonnêle borame.

PIEHKE.

Mille tonnerres!

PICARD

Entends-tu , Lararace ? Je te dis que lu n'es pas un honnéle homme.

PIERRE , lui saisissant le bras.

Picard I ce mot-là veut une réparation.

PICARD

Ah! enfin...

PIERRE

marchons! (Ils vont pour sortir, Pierre s'arrête tout à coup.) Me battre ' et ma Glle donc '.... Si j'étais tué, qui sauverait ma fille?

Comment!... est ce que tu as peur?

PIERRE

Peur! moi!... [Il se calme tout à coup et s'assied tranquillement.) C'est qu'il me pousse une réflexion.

PICARD

Quelle réflexion?

PIERRE , froidement.

Écoute , suis bien mon raisonnement ; je me bals pour reprendre mon tour, pour jouir de ma faction...

PICARD

Eh bien?

PIERRE

Eh bien ! si j'étais tué... difficile d'être là pour répondre à l'appel... les défunts ne se placent pas en sentinelle... du moins je n'en ai jamais \v... Or,

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