‹ Le tour de faction, drame-vaudeville en un acte. Par MM. A Dennery et Eugène Grangé. Représenté pour la première fois sur le théatre des Variétés, le 20 juillet 1837Chapitre 23 sur 36 · LE TOUR DE FACTFON · texte numérisé non relu

LE TOUR DE FACTFON

PICARD

Ah! laisse-moi tranquille.

GODJD.

Pourtant , tu n'as pas à te plaindre... la fortune ne cesse de l'écraser de ses faveurs... encore ce matin tu as gagné six liards à la mouche... et puis ce soir , ce rendez-vous qui te tend les hras...

Oui, ce rendez- vous, je n'irai pas.

GOUJU.

Tu n'iras pas?... Ahl ri\al généreux , je pénétre... Tu t'es aperçu que j'étais préléré parla Marseillaise , et tu veux me céder la place...

PICARD

Du tout... mais Laramée m'a redemandé son tour de faction.

GOUJU.

Ah! voilà un Français!... en voilà un qui comprend le devoir du factionnaire! aussi je l'estime, je professe pour lui la plus profonde admiration !... à preuve que je vais lui payer la goutte.

PICARD

Imbécile !... qu'est-ce que ça te fait?... puisque tu n'iras pas non plus au rendez-vous...

GOUJU.

Il est charmant!... qu'est-ce que ça me fait?... Si je n'ai pas la IMarseilIaise, tu ne l'as pas non plus, et ça rac ravit, me transporte... Ce qui me console dans mon malheur, c'est que tu le partages. C'est à dire qu'on m'offrirait treize sous de mon existence, queje refuserais sans hésiter.

PICARD, à part.

Quand je pense que je pouvais... {Haut.) Écoule , Jean Gouju, il me pousse une idée...

Page 1