SCENE XV
PIERKE.
Jamais.
GOCJD.
Tu n'as pas ficqucnlé l'Espagne , Joséphine ? Alors, inforUmoe. tu nas pas vu noire sainl-père le pape! (// tombe endormi.)
PIERKE, se reveillant tout à fait.
Hein ? Eh bien ! est-ce que j'ai dormi ? (// veut se lever et retombe assis.) Quoi àoncf quoi donc? Les poteaux refusent le service... est-ce que je serais gris, par hasard ? Ah ! bahl bah I qu'est-ce que ça méfait? Hein! qu'est-ce que ça te fait , sans cœur ? et ton rendez-vous? même que lu devais aller... que lu devais aller... où çà? Où çà que je devais aller? Je ne me rappelle plus...
Goor endormi, chantant.
Mais ceux qu'on n'dfslitu' pas...
C'e^t les soldats !
Bravo I bravo I
PIERRE
Silence ! silence donc ! Je devais aller là-bas... où on m'attend... elle... qui... elle? Je... je ne me souviens pas... et pourtant, pourtant je sensque je devrais y être... il le faut... il le faut. .Oh! came fait mal de chercher ainsi... (5e frappant la fe7e.)et sanspouvoir me rappeler... Je souffre là... et puis là... mais qui donc? mais qui donc, mon dieu? qui donc ? mille tonnerres!... je ne sais plus... et, malgré moi, les larmes me viennent aux yeux... et j'étouffe... et je pleure... {Il tombe accablé et sanglotte dans ses mains.)
Gocju, se relevant lentement.
Est-ce que tu te trouves mal , Joséphine? Attends , je vas te délacer, mon vieux...
PIERRR.
Voyons, voyons donc !... cherchons dans ma tête... dans mes souvenirs... c'était... c'était... avec... avec...
{On efitendiin coup do feu,il se relève avec force.comme dégrisé par le bruit.) Ah\ ma fille! c'était avec ma fille... [Goiiju sort par la f/aiiche en chancelant.) oui, ma fille arrêtée... condamnée... et j'ai pu... mais non, non; il n'est pas encore l'heure... on va venir me chercher... Caporal , venez donc... caporal , me voici... je suis prêt... je ne suis pas gris... je veux aller faire ma faclion. {On entend sonner dix heures , Pierre compte les covps les uns après les autres , au neuvièn^e il s'écrie:) Présent! présent !... {La dixième heure sotine.) Dix heures! dix heures! il est trop tard... et ce coup de feu que je viens d'entendre... Ah ! mon enfant! ils ont tué mon enfanll... {Il reste abimé dans sondésespoir.)