IV A M. EMILE U AILLA RD
ci qui dit parfaitement le motif de mon voyage . Je suis allé en Suisse. .. «- sans autre but que de voir des arbres el le ciel, deux choses qu'on ne voil pas à Paris. »
Ce 3 lira.
J'arrive dans la rapitale (15,000 habitants) «lu peti/i/c vaudois (200,000 à mes tout au plus), dans la ville où est le sié^e du fjnunrnniicnl cantonnai, le conseil tï filât cl le reste... Mais j'ai tort, mon ami, de plaisanter; les grands ont mauvaise grâce a rire des petits. .
<> . LE JUIIA.
J'ai été plus de trois jours à la torture pour expier mes gentils petits péchés parisiens, ou, si tu aimes * mieux, en diligence, ce qui revient au même. KnUn,jc puis marcher, nu* mouvoir, l'aire usage de mes artic ula-
lions, je n'entends plus un bruit monotone et continu de roues, je ne respire* plus la poussière des grandes routes, et je n'ai plus le plaisir de voir une femme de cinquante divers pour le moins dormir la tète sur mon épaule, de sentir un gros monsieur m écraser de sa raie corpulence.
Mon entrée en Suisse s'est effectuée par Pontarlier et Pàpre vallée de Joux où il y a un fort dominant les sapins et les nuages, une source intermittente au mi- ^ lieu d'un marécage, et de pauvres hameaux composés de basses cahutes en bois, (le sont des contrées perdues,
attristait les,emprei nies «l'une poésie morne et sauvage.
Je m'aperçus que j'étais sur terre vaudoise en voyant des volets bariolés de bandes traversâtes blanches et vertes; nos voisins poussent le patriotisme jusqu'à barbouiller leurs portes et leurs fenêtres des couleurs nationales.
La vallée s'élargissait, s'abaissait, et un large horizon, ayant pour dernier plan les Alpes colossales, s'ouvrait devant moi. (le village helvétique, le premier que l'on rencontre après Jougne, poste de douaniers et dernière ' bourgade française, se nomme Ballaigues (belle* eaux