‹ Le tour de LémanChapitre 37 sur 53 · UNE PETITE AVENTURE AUX EAUX UÉVIAN · texte numérisé non relu

UNE PETITE AVENTURE AUX EAUX UÉVIAN

nevas, cher ami, un rôle tout-à-fail convenable à son emploi de grande coquette.

Tu vas en juger :

Une chambre d'auberge meublée comme il te plaira. — il est environ dix heures du matin, — la comtesse s'habille (première toilette) pendant que le comte s<* plonge dans la piscine des bains et aspire les émanations combinées de plusieurs gaz fétides. — Notre baigneuse a envoyé je ne sais où sa femme de chambre et l'attend pour se faire enduire les cheveux de pommade mélaïnoeome, laquelle ne se vend que vingt francs le pot. — Elle est seule. — Tout-à-coup un jeune homme bien mis et bien tourné entre sans frapper, — honte et frayeur de la comtesse surprise en chemise ou à peu près, elle se réfugie dans un cabinet mais oublie de s'y enfermer au verrou, — l'audacieux jeune homme la

suit, se jette fort théâtralement à ses genoux et

horresco referem!... lui saisit les pieds... — Évanouissement obligé de la comtesse, un divan se trouve là fort à propos, elle s'y laisse choir ; — alors le jeune homme, en lovelace novice, porte la main au cordon d'une sonnette et se mot à carillonner de toute la force de son poignet, (le tintamarre fait accourir les chambrières de la maison.

— On y va ! . . .

— Qu'est-ce donc?

USE PETITE AVENTURE Al X EAUX D ÉVIAN. 415

— Qu'y a-t-il?

— Kh! vite... des sids, du vinaigre, dit le jeune homme.

— Qu'en voulez-vous faire?

— Belle demande!... ne le voyez-vous pas? Madame se meurt, madame est morte...

La pâmoison ne lut pas de longue durée; l'intéressante beauté ouvrit languissammcnt les paupières, et s'adressa nt au jeune homme qui lui tenait sous les narines un flacon d'éther :

— Quoi! s'éeria-t-elle avec un courroux facile à comprendre, vous pouvez soutenir mes regards! attendezvous donc (jue je vous enjoigne de sortir d'ici et de n'y plus reparaître ?

— Fallait-il, madame, vous laisser évanouie? Mes intentions sont de tout point louables... Qu'avez-vous à me reprocher ?

— Il ose le demander!... quel excès d'impudeur, quelle rare effronterie !

— Il me parait que vous me jugez bien défavorablement et que

— Je vous juge d'après votre conduite immorale ; vous avez choisi pour vous introduire chez moi le moment où mon mari prend un bain... fi! l'horreur!

— Ma faute, respectable madame, n'a pas l énormité que vous vous plaisez à lui supposer, daignez seule-

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