LE DÉTROIT DE FORMOSA
arrive, bonsoir. Ma cabine est assez grande, elle a trois places et je occupe seul; je choisis la couchettre la plus élevée ; 1l y a plus d'air, mais elle est si dure qu’elle rappelle les lits de brique chinois, et si étroite que je crains d’aller par terre si Je remue.
Vendredi, 11 9°, Je prends un bain de bonne heure. Nous sommes dans le détroit de Formosa : on s’en aperçoit au rouls. Nous passons devant Amoy, nous traversons des flottes de bateaux pôcheurs: J’y compte des centaines de jonques stationnant à distance et formant de grands cercles pour sa'sir le poisson. Mon excursion habituelle sur le pont me fait rencontrer, aux 35, un garçon de 12 ans qui à un livreitalien : Je peux donc parler avec lui. Il me montre s°s trois petits frères et sa Jeune sœur ; son père et sa mêre sont dans la cale, Cest une famille juive de Triste, mais les enfants sont nés en Egypte ; ils sont venus rendre visite à une sœur mariée à Manilla et de là ils sont passés à Shangaï pour y trouver du travail; le pêre est tailleur, mais dans ce métier, impossible de iutter avecles Chinois : à Yokohaina ils m’ont fait pour 25 fr. un vêtement blanc que je paye 60 fr. en Europe, ei l’étoffe vient de France. Se trouvant sans le sou, cette famille est expédiée gratuitement par les soins du Consul d'Autriche, à Calcutta, où elle espère trouver de l’ouvrage, Ssssoun, l'agent de la