CALCUTTA - LE JUTE
Non loin de là, j’ai demandé à visiter la Sibpore Jute Mill, Usine à filer et âtisser le jute. Le directeur, avec une affabilité peu ordinaire, m’a conduit lui-même dansles salles où le jute passe d’abord sous des cylindres rayés, puis il est divisé, filé et tissé comme le coton à Manchester, à Lille et à Roubaix. La toile plus ou moins fine sert surtout à faire des sacs pour le riz, le sucre, le café, le blé, etc. On en fait quinze mille par jour, et on les exporte de tous côtés surtout en Californie. Le prix d’un sac est d’une demi-roupie. Cette manufacture emploie deux mille ouvriers; ils sont payés une roupie et demie la semaine; lorsqu’ils travaillent à forfait ils peuvent gagner le double. Les femmes, les enfants gagnent un peu moins; on donne à une femme une demi-roupie, soit fr 1,05, pour coudre cent sacs. Avec une si modique paye l’ouvrier doit pourvoir à sa nourriture et à celle de sa famille: un peu de riz et quelques légumes deux fois par jour ; aussi ils sont faibles et il faut deux Hindous pour le travail d’un Européen. Le riz coûte 2 ou 3 sous le kilog. Le jutle est une espèce de chanvre grossier qu’on cultive dans les plaines marécageuses situées entre la mer et l’Hymalaya. Le cultivateur le vend, selon l& qualité, 3 ou 4 roupies le #aud, soit les 80 livres de 16 onces, ou 35 kilog.