INDE — LE FAMILY-TRUST-BANK
intelligents ont réuni en congrès les hommes sérieux, leur ont persuadé de laisser faire les mariages en dehors de la caste et ont ainsi coupé le mal à la racine. A Bombay j’ai vu un petit orphelinat avec une trentaine de bébés au sein des nourrices hindoues; c’est une espèce de tour quiempèêche bien des infanticides. Il a été établi sur l’initiative de l’'Evêque et des Conférences deSt-Vincent de Paul. En fait de bonnes-œuvres, j'ai trouvé 6 Conférences à Calcutta et 27 dans le diocèse de Bombay. Il yen a aussi quelques-unes dans ies possessions portugaises. J’ai trouvé à Calcutta un Cercle de jeunesse et à Bombay un Family Trust bank. \es associés s’engagent : 1° à payer leurs dettes, et à réduire leurs dépenses le plus possible, jusqu’à l’exctinction de ces dettes. 2° a mettre de côté une partie de leurs rentes pour les déposer à la Banque, caisse d’épargne, assurance sur la vie, ou institution sembiable. 3° à employer un tant pour cent de leurs rentes en œuvres charitables. 4° à ne pas dépasser vn tant pour cent de leurs rentes, en amusements, vêtements et confort superflus ; 5° à ne pas aller au-delà du huitième de leurs rentes mensuelles à l’occasion du baptême, anniversaire de naissance et autres fêtes analogues de famille ; à ne pas dépasser le quart de leurs rentes mensuelles aux
INDE - KESHUB CHUNDERSEN. 237 funérailles, ni le montant des rentes de deux mois pour la célébration du mariage. Ces deux derniers points indiquent qu’il y avait un remède à apporter de ce côté.
Il y a en ce moment un mouvement vers le christianisme dans les hautes sphères des Hindous; il est graduel et marqué, et est probablement le résultat de l’éducation chrétienne donnée aux jeunes Hindous dans les écoles du gouvernement anglais et chez les missionnaires. Le succès de Keshub Chundersen est üne preuve de ce mouvement. Ce Brahmin a voyagé en Europe, séjourné en Angleterre et a connu la doctrine chrétienne qu’il prèche avec beaucoup d’éloquence. Il a fondé une secte nouvelle qu’il a appelée des Brahmos. Tous les ans, à l’anniversaire de sa fondation, il prononce à l’hôtel-de-ville de Calcutta un discours que toute la partie intelligente de la population européenne et hindoue va entendre. Le dernier de ces discours roulait sur l’humilité ; à l’issue, le P. Lafont, jésuite estimé par sa science et son amabilité fut le trouver etlui dit: « votre discours, je puisleredire demain à ma paroisse sans y changer une parole. Puis donc que vous êtes chétien par la croyance , pourquoi ne pas l’avouer publiquement? » La réponse fut que Keshub ne croit pas le christianisme fait pour la population Hindoue.
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