‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 234 sur 307 · INDES - DELHI · texte numérisé non relu

INDES - DELHI

personnes, hommes et femmes, qu’on occupe à divers travaux. Pour les orphelins, le Directeur des prisons a offert de leur apprendre un métier. Dans les prisons 3000 détenus sont employés à tisser, filer, imprimer, fabriquer du papier, etc.

Mercredi, 15 décembre. Avant le lever du soleil je me rends à la gare et, pendant que le train se met en marche, je peux encore suivre longtemps des yeux le Taje dont la coupole et les 4 minarets brillent au clair de la line. A Toondla croisement de voie, nous sommes obligés de séjourner longtemps pour attendre le train venant de Calcutta, qui est en retard de 3 ou 4 h. La campagne devient toujours plus nue, la température moins chaude. On se croirait dans le nord de la Chine.

Le soir, toujours avec mon compagnon, nous arrivons en vue de Delhi pour admirer ses dômes et ses minarets inondés par les derniers rayons du soleil couchant. Le Northenbrook’s hotel où nous nous installons ressemble à un° construction arabe : cour intérieure avec galeries, toiture en terrasse, salles décorées à l’orientale.

Nous parcourons la ville et faisons les badauds devant les bazards, puis avec beaucoup de peine, à travers les tinôbres, j'arrive à l’Eglise catholique que dessert un prêtre irlandais;

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il a une centaine de paroissiens, y compris les soldats et une douzaine de familles de marchands, dont la préoccupation principale est de faire fortune. Vendredi 16 décembre. Le lendemain, de grand matin, nous partons pour une excursion dans les environs; je suis obligé de mettre mon pardessus. Le soleil est caché derrière les nuages et un vent glacé soulève le sable dont le sol est couvert. Nous suivons une large voie plantée de mimosas gigantesques sur lesquels les vautours et autres grands oiseaux font leur nid. La campagne est couverte des coupoles d’anciens tombeaux et d’autres ruines. La ville de Delhi a été rebâtie plusieurs fois. On croit qu’elle occupe emplacement de l’ancienne, Indraprestha, que les Hindous disent fondée 3000 ans avant Jésus- Christ. Elle était le siége des Padshahs ou empereurs mongols, qui ont régné après Tamerlan de 1526 à 1707 et dont les noms sont Baber,

Humayoon , Akbar, Shahjehan, et Aurungzebe.

Après eux le pays fut ravagé et morcelé à diverses reprises, surtout par les Mahrattas ; et il s’éleva une autre ligne représentée par Shah Alum qui, en 1803, fut mis sous la protection anglaise. Le dernier empereur de Delhi,Mahommed Bahadur, fut proclamé empereur des Indes par les rebelles en 1857 ; mais après la guerre on

DELHI - LE KOOTUB MINAR. 281

lui fit un procès, il fut déposé et exilé à Rangoon où il est mort en 1862.

Delhi à compté jusqu’à 2 millions d'habitants, et occupait un espace de 20 milles carrés. C’est pourquoi on voit dans la campagne tant de ruines. La population est maintenant de 155 mille âmes, mais, à voir les nombreuses coupoles des tombeaux , on croirait que ce peuple aime à loger les morts plus grandement que les vivanis.

Après 2? heures de voiture nousarrivons au Kootub Minar, tour à 5 étages en pierre rouge, haute de 250 pieds, située en rase campagne et bâtie par le sultan Shams-ood-deen. La base a 150 pieds de circonférence, mais, à chaque étage, la grosseur va en diminuant pour exagérer l’effet de ia perspective. La surface est découpée par des angles ei des ronds; le dernier étage est en marbre. L'effet est assez réussi. Du haut de la tour on domine la campagne et on voit la ville dans le lointain.

Au pied du Kootub sont les ruines intéressantes de temples hindous. Les galeries encore debout ont de beaux piliers sculptés qui soutiennent des terrasses formées par de longues et larges dalles posées en encorbellement. Aux environs les tombeaux de saints hindous, de ministres,

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