LA MER ROUGE — L'ÎLE DE PÉRIM
beaux chœurs des gondoliers de Venise. Il n’y a en eux, ni la raideur des officiers anglais, ni l’étiquette des officiers français, ils forment une famille.
Au bout de 7 jours, nous sommes en vue d’Aden, mais nous continuons notre route; le navire a son plein chargement, 5.000 tonnes. En évitant Aden, nous espérons échapper à la quarantaine à Suez. Tous les jours, nous rencontrons quelque steamer. Sur la mer Rouge, nous en croisons à chaque instant. Les poissons volants viennent, de temps en temps, se faire prendre sur le pont. Un jour, on dut arrêter la machine; deux petits poissons, espêce d’éponge, avaient pénétré dans les tubes qui plongent dans la mer et gênaient le mouvement.
Sur le pont, je trouvais plus de perroquets que de passagers. 50 Indiens, marins de la Péninsulaire, sont conduits à Malte, où ils trouveront leur navire. Nous passons devant l’ile de Périm que les Anglais nous ont habilement enlevée.
Le commandant français, qui devait en prendre possession, eut la bêtise de le dire à Aden; les autorités anglaises de cette ville le retinrent à diner et, pendant que notre homme buvait le champagne , elles envoyaient un de leurs navires planter le drapeau sur l’île. Le lendemain, lors-
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