‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 289 sur 307 · LA QUARANTAINÉ EN EGYPTE · texte numérisé non relu

LA QUARANTAINÉ EN EGYPTE

À bord du Singapore. Port-Saïd 16 Janvier 1882,

Le 13 janvier nous arrivions à Suez. Nous voici en Egypte, mais impossible de débarquer. Tout navire qui vient des Indes ou de la mer Rouge, ou qui a simplement touché un port de ces mers, est mis en quarantaine à son arrivée à Suez; les passagers ne peuvent communiquer avec le port, un soldat de garde monte à bord et demeure sur le navire durant la traversée du Canal jusqu’à ce qu’il ait quitté Port-Saiïd.

Il est superflu de dire combien cette situation est dure pour ceux qui ont des affaires ou des amis en Egypte; ils sont obligés de venir en Europe pour s’y embarquer de nouveau, et retourner au pays d’où ils sont venus. Or, par cette froide saison une double traversée de la Méditerranée n’est pas une partie de plaisir ; ajoutez à cela la perte de temps et de l’argent et vous ne serez pas étonné si, à bord des nombreux navires qui arrivent tous les jours à Suez, vous entendez des imprécations contre l’Egypte, la Mecque, la Commission, le choléra et je ne sais quoi d’autre encore; car ordinairement on ne sait à qui s’en prendre.

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