DIFFICULTÉS A SUEZ ET A PORT-SAÏD
Afin d’éviter la quarantaine, no"s n’avions pas touché à Aden, où j'aurais voulu acheter : une peau de lion; vain espoir ! Durant la traversée, mer relativement calme et chaleur insupportable. Dans la mer Rouge, devant Jedda nous avons manqué mourir de chaleur. Impossible de dormir sur le pont: la rosée était abondante et dangeureuse. Devant Yembo, port d’où l’on va, dans 3 jours, à Médina, où le prophète est né, le vent du Nord est arrivé, et la température à baissé tout à coup. En face de Torr, port d’où l’on part pour le Sinaï et l’Horeb (7000 pieds) et le couvent grec de S'-Catherine (8000 : pieds) , il 2 fallu mettre le pardessus. À Suez souffle un vent trés-froid. Impossible d’obtenir mes lettres, impossible de les avoir aussi à Ismaiïlia ; alors je me suis fâché, et on a expédié l’agent de la Compagnie à la poste d’où il a rapporté avec mes lettres des nouvelles d'Europe impatiemment attendues.
Si vous eussiez été au Caire, je me serais sauvé à la nage la nuit pour aller vous rejoindre. Le soldat égyptien qu’on nous à mis de garde, s’endort la nuit. On nous monte les lettres par une ficelle dans un petit sac; les nôtres sont posées dans un récipient en fer-blanc et parfumées, et cependant nous n’avons aucun malade