‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 152 sur 210 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

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Le papier japonais -- le papier-monnaie — le tyr'ion — l’armée.

Tokio, 12 septembre 1881.

Ce matin, M. le ministre d’Italie, avec son amabilité habituelle, a voulu me montrer les merveilles du papier japonais. M. Tokouno, directeur de la fabrique d’Oji, appartenant à l’Etat, avait été prévenu et nous attendait. Nous traversons la ville de Tokio, parcourons la campagne sur une route bordée de plantations de thé, de coton, de plantes à laque, d’indigo et de divers légumes et pépinifres. Au bout d’une heure, la voiture s’arrête à la porte d’un magnifique établissement: on se croirait dans l’ usine d'Europe la mieux entendue et la plus perfectionnée. Autour d’une vaste cour se développent,

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L’ÉCORCE DU MITSU 245

au rez-de-chaussée, de grandes salles bien éclairées et bien aérées ; certaines parties ont un premier étage. Dans ces salles, 400 jeunes filles et 100 ouvriers sont occupés à la fabrication du papier. Une machine à vapeur de la force de 40 chevaux donne le mouvement aux roues et aux cylindres; partout l’ordre le plus parfait, le silence et l’application au travail. Autant que possible, séparation des sexes: et surveillance multipliée, exercée par les anciens.

Nous suivons les diverses opérations. Ici est la matière première, l’écorce du Mitsu, petit arbuste de la hauteur de trois mètres environ, dont les rameaux poussent par divisions et subdivisions de trois. Cette écorce est readue malléable dans l’eau chaude, puis de jeunes ouvrières, avec une lame effilée, en retranchent tous les petits nœuds; on la jette ensuite dans les réservoirs où les roues la broient, l’eau courante la lave, et, entre les opérations, le triage des plus petites parcelles étrangères est fait suigneusement par des ouvrières aitentives. Les fibres, réduites à l’étai de suspension dans l’eau filtrée, arrivent enfin dans des bassins dans lesquels la jeune ouvrière plonge un tamis métallique et le relève en égalisant par le mouvement la première couche qui s’y dépose; elle plonge ainsi son tamis cinq ou

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