LA TORTURE
rue de Tokio lorsqu’il entend sortir d’une maison des hurlements de douleur; il croit qu’il s’agit d’une bête en souffrance et entre pour la délivrer ; c’était un homme accroupi sur des lames de bois acéré, portant sur lui une grosse charge de pierres ; il était à la torture. Le Professeur ne peut supporter un tel spectacle, et, sortant dans la rue, il est accosté par un autre français qui lui demande la cause de son trouble. « Venez et voyez, » répliqua M. Boissonade, et il introduit son interlocuteur dans la chambre de la torture; ce Français, en sortant, haussa les épaules et dit :« C’est regrettable, mais cela ne nous regarde pas; de quoi allez-vous vous mêler? »
Comment, répondit M. Boissonade, vous voyez cette souffrance et vous ne feriez rien pour abolir de telles horreurs ! oh! je veux bien m’en mêler. Il rencontre un dignitaire japonais, qui s’ informe aussi des causes de son émotion. « Je viens de voir votre torture, dit-il, et j’en suis bouleversé, vous ne pouvez continuer une telle barbarie; je n’ai jamais fait de rapports sans qu’on me les ait demandés, mais, cette fois, je vais en faire un proprio motu. Le lendemain, M. Boissonade recevait, de la part du Gouvernement, la demande d’un rapport sur la torture, et maintenant la torture est abolie.
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