‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 18 sur 210 · L’ HOSPICE DE BEAUPORT · texte numérisé non relu

L’ HOSPICE DE BEAUPORT

Le triste spectacle rappelait encore le spectacle plus triste laissé par la Commune de Paris. Hier un de mes bons amis, l’avocat Livernois, m’a conduit par toute la ville visiter ce qu’elle renferme de curieux. Les souvenirs historiques abondent, car elle a soutenu cinq siéges mémorables. Tu verras par la photographie ci-jointe que la position ressemble beaucoup à notre château de Nice.

Le président du Cercle Catholique m’a reçu chez lui à déjeuner, à la campagne; on l’avait rappelé de la ville au moyen du téléphone. Ici tout le monde se parle ainsi fort distinctement, à la distance de plusieurs kilomètres. Le bravé et digne homme dirige un hôpital d’aliénés où il y à 450 fous et autant de folles. L’établissement ressemble à un magnifique château, orné d’un parterre délicieux ; des vases de fleurs suspendus de tous côtés laissent pendre leurs lianes entrecroisées; des collections d’oiseaux empaillés augmentent le charme; tout est fait pour égayer ces pauvres êtres malades de la plus triste des maladies. No: parcourons les deux établissements : tout y est fort bien distribué, les dortoirs les plus grands ne contiennent que 15 lits.

Madame Vincelette se dévoue d’une manière admirable au soin de ses 450 folles. Monsieur le

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